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Planète Clermont

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Effectivement j’ai eu un gros beugue dimanche pas moyens de regarder le multiplex. 

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Droits TV : la LFP a refusé d'accorder un délai de paiement à Mediapro

INFO L'ÉQUIPE. Mediapro, le principal diffuseur du Championnat de France, a réclamé un peu de temps pour régler son échéance du 6 octobre d'un montant d'environ 140 millions d'euros. La Ligue de football professionnel a refusé.

Etienne Moattimis à jour le 7 octobre 2020 à 18h28
 
 

Le climat entre la Ligue de football professionnel et Mediapro est en train de se tendre. Selon nos informations, le principal diffuseur du Championnat de France (780 millions d'euros annuels pour huit matches de L1 et 34 millions d'euros par an pour une partie de la L2) a écrit la semaine dernière à l'instance en demandant un délai de paiement pour sa deuxième échéance financière prévue le 6 octobre.

 

En août, Mediapro avait déjà payé en retard

Invoquant la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 qui pénalise son activité, Mediapro (qui n'a pas souhaité commenter) réclame un délai pour honorer sa traite de 133 millions d'euros pour la L1 et d'environ 8 millions d'euros pour la L2.

La LFP a refusé, ne souhaitant manifestement pas entrer dans un cycle où il lui faudrait, tous les deux mois, à chaque échéance de paiement, batailler pour obtenir son dû. D'autant qu'en août, déjà, Mediapro avait payé sa première échéance avec un peu de retard.

La situation en est là aujourd'hui, la Ligue attendant le règlement de cette deuxième facture. Elle-même doit redistribuer aux clubs les versements des diffuseurs le 17 octobre. Il reste donc un peu de temps pour que la somme due par Mediapro parvienne à la LFP. Mais cette situation commence à inquiéter au sein du football français, déjà privé presque en totalité de recettes de billetterie depuis le début de la saison.

Et qui s'interroge légitimement sur la capacité de Mediapro à réussir son entrée sur le marché français, dans un contexte économique difficile, avec une concurrence féroce entre les chaînes payantes de sport. Pour être viable, Mediapro vise, à terme, au moins 3,5 millions d'abonnés, ce qui n'est pas une mince affaire.

Mediapro donne le mauvais exemple

Du côté de la LFP, on doit également se dire que Mediapro, en essayant de reculer ses paiements, donne le mauvais exemple aux autres diffuseurs du Championnat. Canal+ retransmet deux matches de L1 par journée pour un montant annuel de 330 millions d'euros, tandis que Free peut proposer des extraits des matches en « quasi-direct » pour ses abonnés fixes et mobiles contre un chèque annuel de 50 millions d'euros.
En L2, beIN Sports verse 30 millions d'euros annuels pour les deux affiches de la journée, qui s'ajoutent donc aux 34 millions d'euros de Mediapro, qui propose les huit autres rencontres sur sa chaîne Téléfoot.

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Jaume Roures (Mediapro) : « On veut renégocier le prix » des droits TV de la L1 et de la L2

Jaume Roures, le président de Mediapro, veut obtenir une baisse du contrat signé avec la LFP en raison de la crise liée au Covid-19.

Etienne Moattimis à jour le 7 octobre 2020 à 22h50
 
 

Alerté par la publication, sur le site L'Équipe, de notre information sur le retard de paiement de Mediapro concernant son échéance du 6 octobre (172 millions d'euros), Jaume Roures, le patron du principal diffuseur du Championnat de France, a souhaité s'exprimer. Et ce qu'il a à dire ne va pas rassurer les dirigeants du football français.

 

« Vous n'avez pas réglé votre échéance du 6 octobre et vous demandez un délai à la LFP pour le faire.
C'est plus compliqué que ça. Nous avons demandé à parler du contrat de cette saison à cause du Covid-19. Il est évident que le Covid touche beaucoup d'aspects de l'exploitation des droits. On veut parler de ça.

Vous voulez rediscuter les termes du contrat signé avec la Ligue ?
Nous voulons rediscuter le contrat de cette saison. Elle est très affectée par le Covid-19, tout le monde le sait car tout le monde souffre. On ne remet pas en cause le projet en tant que tel. Mais les bars et les restaurants sont fermés, la publicité s'est effondrée... Ce sont des choses que tout le monde connaît.

Vous voulez obtenir une baisse de vos droits pour 2020-2021 (780 millions d'euros pour la L1 et 34 millions d'euros pour la L2) ?
Exactement.

« La Ligue a elle-même demandé au gouvernement de compenser ses pertes à cause du Covid... On est dans cette dynamique »

 

 
 
 

Quel montant souhaitez-vous payer ?
On n'a pas un montant concret. On veut renégocier le prix. On a demandé d'établir un calendrier pour mener à terme cette négociation qui ne va pas être publique... La Ligue a elle-même demandé au gouvernement de compenser ses pertes à cause du Covid... On est dans cette dynamique.

La Ligue ne semble pas prête à baisser le montant de vos droits.
On va négocier. Il faut voir quelles sont ses conditions pour mener cette discussion. La Ligue est d'accord pour s'asseoir autour d'une table pour parler de ce sujet. On verra comment cela va se terminer.

Il y a un contrat qui existe. Que va-t-il se passer si la LFP n'est pas d'accord pour baisser le montant de vos droits ?
Le contrat a été établi dans des conditions qui n'ont rien à voir avec la situation actuelle. C'est évident. Il faut en parler. Après, on verra comment cela se termine. On ne remet pas en cause le contrat, mais on remet en cause la situation actuelle.

Que va-t-il se passer si, au bout du compte, la Ligue n'est pas d'accord pour baisser vos droits ?
On verra. Le processus n'est pas enclenché. On verra comment cela se finit. On a un accord pour quatre saisons. Il y a plusieurs façons d'arranger la situation actuelle.

« On a un business plan qui n'est pas pour les premiers mois, mais pour quatre saisons. Ce n'est pas très important ce qui se passe au début »

 

 
 
 

Quand comptez-vous payer l'échéance du 6 octobre ?
On va en parler avec la Ligue.

Le 17 octobre, la LFP doit distribuer aux clubs les sommes versées par les diffuseurs. Aurez-vous réglé les 172 millions en attente de règlement avant cette date ?
C'est évident que le 17 octobre, on n'aura pas trouvé un accord. Mais on peut trouver des formules qui arrangent la situation économique des clubs.

Comment se passent les recrutements d'abonnés pour Téléfoot, votre chaîne ?
On a un business plan qui n'est pas pour les premiers mois, mais pour quatre saisons. Ce n'est pas très important ce qui se passe au tout début.

Mais tout de même, comment se passent les prises d'abonnements ?
C'est tiède. C'est le cas pour n'importe quel business affecté par le Covid. La situation est plus compliquée qu'on ne l'imaginait il y a deux ans quand on a acquis les droits. Si l'appel d'offres avait lieu aujourd'hui, les réponses, et pas seulement celles de Mediapro, ne seraient pas les mêmes.

Que dit votre actionnaire chinois ?
Il y a plusieurs actionnaires à Mediapro. Mais la gestion de la société est entre nos mains.

Ne pensez-vous pas que vous allez effrayer les clubs français avec votre volonté de renégocier ?
Dans la situation actuelle, tout le monde est inquiet. »

 

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J'ai envie de dédicacer cette info à tous les pro-arrêt de la L1/L2 (parce qu'ils avaient peur de perdre leur place au classement) qui nous expliquaient au printemps dernier : "on s'en fout des pertes, il y a le jackpot des nouveaux droits tv qui arrive"... on a laissé le football français dans les mains de guignols... la LFP et le collège de L1 sont criminels. 

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Valentin Pauluzzi, à Milan mis à jour le 5 décembre 2019 à 18h51
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On le sait depuis le 29 mai 2018, Mediapro sera le principal diffuseur de la Ligue 1 à partir de la saison 2020-2021, pour quatre ans. Le groupe sino-espagnol s'est offert 8 matches par journée de Championnat (les deux autres seront sur beIN Sports). Il essaie de remettre ça en Italie, après une première tentative infructueuse il y a un an et demi pour le cycle 2018-2021 des droits nationaux de la Serie A.

 

Mediapro avait bien remporté l'appel d'offres en février 2018, en échange de la somme de 1,05 milliard d'euros annuels, requise par la Ligue italienne. Mais alors qu'il ne devait être qu'un intermédiaire chargé de revendre les droits aux groupes télé déjà existants, il a tenté de mettre en vente des packages de 270 minutes avec publicités et émissions comprises. Une « Serie A TV » déguisée. La Sky, qui codétenait les droits pour la période 2015-2018, a saisi la justice. Ce projet a été retoqué en mai et la Ligue a fini par annuler l'accord, faute de garanties financières. Finalement, le duo Sky-DAZN a remporté la mise à quelques semaines du début du Championnat, Mediapro perdant dans l'affaire sa caution de 64 M€.

« L'éventuel contrat débuterait en 2021, une année après leurs débuts en France, donc on pourra évaluer »

Gaetano Miccichè, président de la Ligue italienne

 
 

Cet été, le groupe présidé par Jaume Roures est revenu à la charge pour 2021-2024, proposant cette fois de créer une chaîne Serie A, qui serait la propriété de la Ligue et serait distribuée par différents opérateurs de télévisions et de télécoms. L'offre globale d'1,3 milliard d'euros par saison est étudiée par les clubs à chaque assemblée générale de la Ligue. Mais la décision définitive est sans cesse reportée.

Lundi, lors de la dernière assemblée, seuls dix clubs étaient favorables à cette idée, l'autre moitié (comprenant tous les cadors) émettant des doutes sur le modèle économique proposé. « Concernant les paiements, les garanties et le "cash-flow" (le flux de trésorerie), il faut être parfaitement certain que le nouveau modèle ne crée pas de contrecoups sur les flux de paiement », a déclaré Luigi De Siervo, administrateur délégué de la Ligue. En octobre, des dirigeants avaient fait le parallèle avec la L1 pour justifier leur prudence : « Il y a une situation qui se passe en France, il faudra voir », signalait Urbano Cairo, propriétaire du Torino. Idem pour Gaetano Miccichè, président de la Ligue, démissionnaire depuis : « L'éventuel contrat débuterait en 2021, une année après leurs débuts en France, donc on pourra évaluer. »

Mediapro a tenu à mettre les choses au clair mardi dernier : « Le projet présenté à l'assemblée de la Ligue comprend des garanties économiques et organisationnelles suffisantes afin de tenir les engagements établis dans la proposition. » La ligue italienne lancera néanmoins un appel d'offres au début de l'année 2020. Si les sommes proposées par les diffuseurs ne sont pas suffisantes, elle pourra enclencher alors son accord avec Mediapro (attendu pour le 16 décembre), une solution de secours en quelque sorte, et créer ainsi sa propre chaîne.

publié le 5 décembre 2019 à 18h29 mis à jour le 5 décembre 2019 à 18h51

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Vu de l'extérieur je me demande comment Mediapro a pu imaginer qu'ilS pourraient rentabiliser le prix donné pour les ligues 1 et 2. 1ère offre à 29,90 que pour du foot et pas de multi écran possible. En plus en ne passant pas d'accord "honnête" avec Canal ils s'enlèvent tous ceux qui ont le satellite. Ou alors c'est juste du blanchiment d'argent… je ne sais, ça m'interpelle.

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Est-ce que c'est dû seulement à l'arrêt des championnats ou une mauvaise programmation ou bien c'est une bulle financière qui s'écroule?

les sommes sont tellement colossales que ça donne le tournis. Lors de ces dernières années, les clubs sont gérés avec ces mannes financières de plus en plus importantes qui prennent beaucoup de place dans un budget et ont peut-être oublié la base qui passe par des partenaires locaux et nationaux, des supporters, le rayonnement local etc.... Un dirigeant de la juve disait qu'on aurait plus besoin de spectateurs pour les finances. Il en reste encore mais pour combien de temps, puisqu'ils basculent devant leur télé ou ordinateur un peu plus chaque année.

Comme les revenus viennent de chaînes de télé grâce à la pub, le foot est devenu une excuse, un produit, une opportunité. Où est-ce que ça va s'arrêter?

Que va devenir l'intérêt de former des joueurs, de fédérer localement, si avec un budget connu à l'avance, on peut faire son marché comme on le connaît depuis quelques années? comme il a été dit, c'est un trading market version foot

Dernier point, en affaires, il est dangereux d'être dépendant d'un seul client pour son entreprise, j'ai l'impression que c'est ce qui se passe de plus en plus dans les clubs, les sources de revenus sont moins diversifiées

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Mediapro, le diffuseur principal de la Ligue 1, en souffrance

Le groupe audiovisuel Mediapro subit les conséquences économiques de la pandémie mondiale. L'incertitude sur les réelles intentions de son actionnaire majoritaire chinois (Orient Hontai) inquiète aussi.

Sacha Nokovitch08 octobre 2020 à 19h50
 
 

La crise économique consécutive à la pandémie de Covid-19 touche l'ensemble des entreprises, notamment les diffuseurs et producteurs d'événements sportifs. Mediapro n'y échappe pas, et peut même y ajouter aussi ses activités de production dans le cinéma et les séries. Mais avant de demander à la Ligue de football professionnel (LFP) un délai pour le paiement de la deuxième échéance et surtout une renégociation du montant des droits pour la Ligue 1 et la Ligue 2, dans un timing stratégique - après la fermeture du mercato et à dix jours du versement de l'échéance aux clubs (le 17 octobre) -, Jaume Roures, le fondateur et grand patron du groupe audiovisuel catalan, a entamé, depuis plusieurs mois, des négociations sur tous les fronts.

Avec des activités de production (l'essentiel de son champ d'action) à l'arrêt pendant le confinement du printemps, et au ralenti à la sortie de celui-ci, Mediapro a dû combler au plus vite ses pertes de revenu. Dès la fin mars, comme dans de nombreuses entreprises françaises, des mesures de chômage partiel ont été prises pour 1 200 salariés en Espagne. Pour les autres, des baisses de salaire (de 10 % à 50 %) ont été décidées, Roures montrant l'exemple en divisant le sien de moitié. « Des mesures temporaires qui n'ont duré que deux mois », précise le groupe aujourd'hui.

Mediapro a contracté un nouveau prêt, de 55 millions d'euros

Pendant l'été, comme révélé par le journal numérique espagnol el Confidencial, Imagina, la holding de Mediapro, a contracté un nouveau prêt de 55 M€. Et les actionnaires - le fonds d'investissement chinois Orient Hontai (53,5 % des parts), la multinationale publicitaire WPP (22,5 %) et les deux dirigeants historiques Jaume Roures et Josep Maria Bent (12 %) - ont aussi effectué un apport du même montant. Les hommes d'affaires catalans ont chacun mis 6,6 M€ sur leurs fonds propres, envoyant un message de confiance en l'avenir à leurs salariés...

Au total, ces 110 M€ étaient destinés à aider le groupe audiovisuel le plus puissant d'Espagne (plus de 7 000 employés à travers le monde) à surmonter la crise sanitaire, mais alourdissaient aussi le poids d'une dette déjà estimée à 727 M€, fin 2019. Le tout ajouté au lourd investissement sur les droits du foot français (plus de 800 M€ par saison jusqu'en 2024 pour la L1 et la L2) avec le versement d'une première échéance, début août.

L'agence de notation Moody's a dégradé la note d'Imagina, la holding de Mediapro

Ces perspectives allaient inciter l'agence mondiale de notation Moody's, spécialisée dans le risque financier, à dégrader la note d'Imagina de deux rangs, de B1 à B3, en avril. Sur la grille de notation, le B signifie que le groupe est « hautement spéculatif ». En basculant en B3, il devient « proche du risque substantiel qui ne pourra respecter ses engagements que dans des conditions économiques favorables ».

Pour justifier son choix, l'agence ajoutait dans son analyse la perte des droits de la Liga sur le marché espagnol pour la période 2019-2022 au profit de Telefonica. Si Mediapro en commercialise toujours les droits internationaux, leur renégociation, entamée ces dernières semaines pour la période 2021-2026, n'incite pas à l'optimisme vu l'état du marché...

Mediapro a renoncé à son entrée en bourse

La notation Moody's et surtout la situation économique ont mis fin, pour le moment, à l'ambition de Mediapro, devant ses résultats financiers solides de 2019 (un chiffre d'affaires de 2 Mds€ et un résultat net d'exploitation de 220 M€), d'entrer en bourse. Cette opération boursière, valorisée à près de 3 Mds€, aurait permis aux actionnaires majoritaires de vendre une partie de leurs parts, et plusieurs banques d'affaires réputées planchaient déjà sur le sujet. Un plan désormais avorté.

Quelles sont dès lors les ambitions de l'actionnaire majoritaire chinois, caution solidaire en cas de défaut de paiement de Mediapro auprès de la LFP ? Orient Hontai Capital a racheté, en février 2018, près de 54 % des parts d'Imagina pour près de 1 Md€. Mais les données financières liées à ce fonds d'investissement demeurent opaques. Surtout, les comportements récents des sociétés chinoises dans le milieu de l'audiovisuel sportif européen inquiètent.

En 2018, MP Silva, l'une des plus grosses agences de droits sportifs, mettait la clé sous la porte, deux ans seulement après son rachat par deux investisseurs chinois. La Premier League vient, elle, d'attaquer en justice la chaîne chinoise PPTV afin de réclamer les 210 M€ de droits télé non réglés à partir de mars dernier, malgré la reprise du Championnat anglais. En septembre, elle s'est ainsi vue dans l'obligation de rompre un contrat à 700 M$ (595 M€) par saison jusqu'en 2022 et de se rabattre en urgence sur la plateforme de streaming Tencent... à un montant évidemment bien moins élevé qu'auparavant. Un scénario que la LFP n'ose envisager.

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Droits télé : la LFP prise au piège avec la volonté de Mediapro de baisser le montant de son contrat

Face à la volonté de Mediapro de revoir à la baisse le montant de son contrat de retransmission de la Ligue 1 et de la Ligue 2, la LFP n'a aucune marge de manoeuvre. Faute de garanties bancaires et d'alternatives immédiates.

Etienne Moatti09 octobre 2020 à 00h05
 
 

L'entretien avec Jaume Roures publié jeudi dans le journal L'Équipe a fait l'effet d'une bombe. Le président de Mediapro y annonçait sa volonté de faire baisser le montant de son contrat avec la Ligue de football professionnel (780 millions d'euros annuels pour la Ligue 1 et 34 M€ par an pour la Ligue 2), à peine plus d'un mois après le début de la saison et sans avoir honoré le deuxième versement (172 M€), prévu lundi.

 

« On veut renégocier le prix, expliquait-il clairement. On a demandé d'établir un calendrier pour mener à terme cette négociation. Nous voulons rediscuter le contrat de cette saison. Elle est très affectée par le Covid-19, tout le monde le sait car tout le monde souffre. » Au passage, il lançait, sans détour, que l'échéance ne serait pas réglée avant le 17 octobre, date à laquelle les versements de tous les diffuseurs du Championnat de France - Mediapro, Canal +, Free - doivent être redistribués aux clubs : « C'est évident que le 17 octobre, on n'aura pas trouvé un accord. » Sollicités, Canal +, Free et beIN Sports, qui retransmet deux matches de Ligue 2 par journée, n'ont pas souhaité répondre à nos questions.

La situation est donc grave. Déjà privés de recettes de billetterie depuis le début de la saison, abandonnés par de nombreux sponsors, les clubs attendent des droits télévisés qu'ils les maintiennent à flot. Désormais dirigée par l'ancien président de l'OM Vincent Labrune, la Ligue en a parfaitement conscience.

Mais elle n'a pas beaucoup de latitude, même si les contrats avec les diffuseurs prévoient de sanctionner les mauvais payeurs. L'échéancier prévoit 6 versements annuels, tous les deux mois : le 5 août (17 %), le 5 octobre (17 %), le 5 décembre (16 %), le 5 février (17 %), le 5 avril (17 %) et le 5 juin (16 %). Et des pénalités.

« Le paiement de la contribution financière de l'attributaire et le strict respect de l'échéancier de paiement sont des obligations essentielles, est-il indiqué dans le règlement de l'appel d'offres que nous avons pu consulter. L'attributaire reconnaît que tout retard de paiement entraîne un préjudice considérable tant pour la LFP que pour les clubs. En conséquence et sans préjudice de l'exigibilité immédiate des sommes dues par l'attributaire à la LFP à chaque échéance de paiement, tout retard de paiement pour quelque échéance, montant et saison que ce soient donne lieu de plein droit, au profit de la LFP, sans qu'une mise en demeure préalable par cette dernière ne soit nécessaire, à l'application d'intérêts moratoires [...] et au paiement d'un montant forfaitaire dû au titre d'indemnité pour frais de recouvrement [...] sans préjudice de toute indemnisation complémentaire supérieure dont la LFP pourrait justifier. »

Mais, dans les faits, ce ne sera pas simple. Car la LFP est prise au piège. Si elle refuse de traiter avec Mediapro, rien n'indique que son principal partenaire télévisé va revenir à la raison et la régler rubis sur l'ongle. Et si elle s'engage sur la voie de la discussion, elle s'expose à de sérieux problèmes juridiques. Les droits acquis par Mediapro l'ont été par le biais d'un appel d'offres très encadré. Si la LFP accepte de revoir à la baisse les montants promis par le diffuseur sino-espagnol, les perdants de la consultation ne manqueront sans doute pas de contester devant les tribunaux un petit arrangement qui serait conclu dans leur dos. Dès lors, le football professionnel est pris dans une ornière. Et ne doit pas forcément attendre d'être sauvé par les pouvoirs publics, même si la ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu, a réagi hier.

Roxana Maracineanu soutient la LFP
La Ligue de football professionnel, qui a confirmé son refus d'accorder un délai de paiement à Mediapro, a reçu jeudi le soutien de Roxana Maracineanu. « Quand des engagements contractuels sont pris, il s'agit de les respecter, a déclaré la ministre déléguée aux Sports. Donc nous veillerons de très près, au niveau du ministère des Sports et de l'État à ce que ce contrat soit respecté, que les engagements pris, soient maintenus. Parce qu'il en va aujourd'hui de la survie non seulement du football professionnel, mais du football tout court, puisque cette convention qui lie la Ligue et le football amateur est conséquente et qu'une bonne partie des fonds qui émanent de ce contrat revient au sport amateur. »

« L'État n'a pas à intervenir auprès d'un acteur privé, Mediapro, qui a pris son risque et est en relation contractuelle avec la Ligue, indique-t-on à l'Élysée. On veut bien essayer de rapprocher les points de vue. Mais l'attitude de Mediapro est franchement déplorable. Ce ne sont pas des manières. Nous sommes surpris et déçus de la façon dont Mediapro traite cet écosystème. La méthode est critiquable. Ce que l'on demande à Mediapro, ce n'est pas de la charité, c'est d'assumer des engagements contractuels. Il est évident que cela prend un peu de temps, d'atteindre leur objectif final d'abonnés. Par définition, il doit y avoir pour eux un recours à la dette et l'investissement. C'était prévu et il n'y a donc aucune surprise. La Ligue et les clubs ne peuvent pas se permettre d'autoriser des rééchelonnements qui les priveraient de leur trésorerie. Ils ont besoin de ces traites des diffuseurs pour ne pas avoir recours à l'emprunt. D'autant qu'ils ont déjà souscrit des emprunts pour faire face à la crise du Covid-19. Ce serait trahir l'appel d'offres, de revenir sur le prix que Mediapro doit payer. »

À la Ligue, on ne tient pas à faire de commentaires mais Vincent Labrune, élu il y a à peine un mois, connaît un sacré baptême du feu. Il n'a pas participé à la sélection de Mediapro, opérée par l'équipe précédente, notamment Didier Quillot, l'ancien directeur général exécutif de la LFP, et Nathalie Boy de la Tour, la présidente, qui ont tous deux quitté l'instance. Et qui, au vu de la situation actuelle, ne doivent pas forcément le regretter.

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Pourquoi une diminution des droits télé mettrait des clubs de Ligue 1 en péril

La crise sanitaire avait déjà amputé les recettes billetterie, sponsor et trading des clubs. Voilà que Mediapro veut aussi diminuer celles générées par les droits télé.

Arnaud Hermant09 octobre 2020 à 12h48
 
 

Le football français, dans sa très grande majorité, est bâti sur deux piliers : le « trading » joueurs (c'est-à-dire les achats et ventes de footballeurs) et les droits télé. Il y a quelques mois encore, les dirigeants des clubs professionnels nationaux avaient le sourire. La France savait bien vendre ses meilleurs jeunes aux lucratives Ligues anglaises, allemandes ou espagnoles et elle allait se doter d'un nouveau contrat de droits télé record dépassant le milliard d'euros avec l'arrivée de Mediapro.

Crise du Covid oblige, le foot français vacille, ses deux béquilles étant en train de le lâcher. Cette saison, le marché des transferts qui s'est clôturé lundi à minuit, a tourné au ralenti et les clubs français ont réduit de 37 % leurs cessions par rapport à l'an passé pour un total de 376 M€. Et voilà que Mediapro veut renégocier à la baisse son contrat, à l'heure de verser seulement la deuxième traite d'un contrat de quatre ans...

Deux tiers des clubs en danger ?

Cette très mauvaise nouvelle inquiète bien évidemment les différents présidents de clubs. Difficile de déterminer encore un classement précis des équipes qui seraient les plus touchées par cette possible diminution des recettes télé, mais comme souvent les grosses cylindrées, celles qui ont les plus gros frais, seront les plus impactées. Le PSG qui doit déjà se passer pour l'instant de la billetterie qui représente presque 100 millions d'euros par saison, pouvait atteindre jusqu'à 72,6 millions d'euros de droits télé nationaux en cas de titre. L'OL groupe qui affiche un déficit de 36,5 millions à la clôture des comptes en juin, estime déjà les pertes liées au Covid-19 à 100 millions d'euros dont 50 millions dus aux ventes de joueurs qui n'ont pas pu se faire (Aouar, Depay notamment).

Grâce à la vente de Fofana (35 millions plus bonus) et à une baisse de sa masse salariale, Saint-Étienne s'est donné de l'air, alors que Bordeaux, déjà en difficulté financière et qui a très peu vendu au mercato, pourrait se trouver dans l'embarras. Une éventuelle baisse des droits télé affecterait encore plus les comptes du club. « Tous les clubs seront concernés et pour les deux tiers d'entre eux, il va y avoir danger », craint un spécialiste de l'économie du football. Quand ce dernier parle de danger, il pense à des risques de dépôt de bilan si la crise sanitaire devait perdurer toute la saison et l'incapacité de Mediapro à honorer ses engagements se confirmer. Les clubs adossés à des actionnariats plus solides financièrement (Paris, Lyon, Rennes, Marseille...), seront moins en danger que d'autres qui ne pourront pas augmenter facilement leur participation financière (Dijon ou Saint-Étienne par exemple).

Pour constituer leur budget 2020-2021 présentés à la Direction nationale de contrôle et de gestion (DNCG) de la Ligue de football professionnel, les clubs avaient anticipé, en moyenne, une baisse de 30 % de leurs revenus billetterie et sponsoring vu le contexte actuel. Mais pas des droits télé. Ils s'étaient donc basés sur le nouveau contrat télé et le guide de répartition 2020-2021 révélé le 25 septembre dernier par L'Équipe. Qu'en sera-t-il dans quelques semaines ?

Tout l'écosystème touché

Par ailleurs, le remboursement du prêt garanti par l'État, consenti pour faire face à la crise du Covid-19, de quelque 220 M€ sur quatre années, soit environ 55 M€ par an, s'effectue à partir des nouveaux droits télé... Enfin, plusieurs clubs ont déjà nanti auprès d'établissements financiers leurs futures recettes télé...
« Le signal envoyé est très négatif, regrette un dirigeant. C'est tout l'écosystème du football qui va en pâtir... » Si le foot professionnel tremble, il pourrait ne pas être le seul à être impacté. Dans le cadre de la convention liant la Ligue et la Fédération française de football, le football amateur et féminin touchent un pourcentage sur le contrat Mediapro. Là aussi quelques millions pourraient s'envoler.

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On 08/10/2020 at 13:20, hermann said:

Vu de l'extérieur je me demande comment Mediapro a pu imaginer qu'ilS pourraient rentabiliser le prix donné pour les ligues 1 et 2.

+1 personne de sensé ne comprend... tout le monde le savait et s'interrogeait sauf ces messieurs de la LFP.... même pas de garantie bancaire exigée au groupe chinois ! C'est une histoire gravissime. Le boss de Canal (Saada) a expliqué dès le départ que ça allait dans le mur, que ça signifiait 7 millions d'abonnés pour rentrer dans leur frais, que c'était impossible etc. Dès le 27 avril l'agence Moody a abaissé la note de la holding détenant Mediapro. Vous pensez que ça aurait alerté ces messieurs de la LFP ? 

Non ! ils ont même décidé de ne pas reprendre les championnat, entraînant ainsi une perte de plusieurs centaines de millions d'euros...  On nage en pleine légèreté et en pleine incompétence. 

Donc là on apprend désormais que la LFP va contacter un nouvel emprunt pour que les clubs français puissent payer les salaires.... résumons un petit peu : 225M d'emprunt ce printemps pour forcer les joueurs à ne pas jouer + 172M d'emprunt cet automne pour payer les salaires des joueurs... ce sont 400M de dettes sur la tête de nos clubs simplement pour pouvoir... continuer à fonctionner !!

Et tout cela dans un contexte où il y a toujours aucune recette de billeterie, des recette de sponsoring qui s'effondrent dans ce contexte de crise, des recettes de trading qui se sont effondrées logiquement vu le mercato de dépression qu'on vient de connaître.... l'heure est très grave. Et on ne le doit qu'à nos décideurs et à leur manque de vision. 

On rappellera pour finir que Quillot est parti de son poste à la LFP avec un chèque de 1.5 million d'euros... il méritait bien au moins tout ça après le triomphe de l'appel d'offres (sic) et l'état dans lequel il a laissé le football français.  

Edited by leonidas

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