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    Vincent Labrune, le nouveau président de la Ligue condamne l'attitude diffuseur Mediapro, qui n'a pas payé sa dernière traite, tout en voulant renégocier son contrat. Il présente aussi, plus largement, son projet pour la LFP.

    Etienne Moatti09 octobre 2020 à 19h06
     
     

    « Spécialiste de la gestion de crise », comme il se définit lui-même, Vincent Labrune est servi. Élu le 10 septembre à la présidence de la LFP en remplacement de Nathalie Boy de la Tour, il doit déjà affronter une première tempête avec le non-paiement par Mediapro, principal diffuseur du Championnat de France, de son échéance du 5 octobre (172 M€). Et la volonté de Jaume Roures, le président du groupe sino-espagnol, annoncée dans nos colonnes, de « renégocier le prix » pour cette saison (Mediapro doit verser 814 M€ par an entre 2020 et 2024).

     

    L'ancien président de l'OM fait face et s'exprime, en exclusivité, sur cette affaire. Joint ce vendredi, il explique ne pas accepter les justifications de Mediapro. Et prolonge ainsi un entretien réalisé avant la révélation de cette affaire, où il annonce son intention de faire cesser les guerres intestines qui ont détruit l'image du football professionnel français et sa volonté de mener d'urgence des réformes pour rendre nos clubs plus compétitifs.

    Droits télé : « Si je n'étais pas inquiet pour les finances de nos clubs, je serais irresponsable »

    « Mediapro n'a pas honoré son échéance du 5 octobre et demande de renégocier son contrat pour la saison 2020-2021. Comment réagissez-vous ?
    Je suis surpris sur la forme et inquiet sur le fond. Sur la forme, le timing de cette annonce est pour le moins surprenant, quand on sait qu'elle intervient seulement quelques semaines après le paiement d'une première échéance qui a été annoncé à grand renfort de communication pour "crédibiliser" le projet Téléfoot et sa pérennité... A minima, on dira que cela entache la relation de confiance ! Et sur le fond, cela pose question sur le projet global de Mediapro en France et sur les capacités de ce groupe à faire face à ses obligations contractuelles et financières vis-à-vis de la LFP et du football français. Car ne nous trompons pas : il n'est pas audible de s'entendre dire que ces traites devaient être payées par les abonnements. Même un nombre d'abonnés record fin septembre n'aurait en aucun cas permis de payer le quart de la facture... Ceci étant dit, Mediapro est détenu à 53 % par un actionnaire chinois solide (Orient Hontai Capital), qui doit théoriquement pouvoir faire face à ses obligations de paiement... Les actionnaires ne pouvaient pas ignorer les besoins de financement du plan d'activité de Mediapro.

    La LFP doit redistribuer aux clubs, le 17 octobre, les versements des diffuseurs du Championnat. Mediapro n'a manifestement pas l'intention de régler la somme due avant cette date. Êtes-vous inquiet pour les finances des clubs, déjà touchées par le Covid-19 ?
    Si je n'étais pas inquiet pour les finances de nos clubs, je serais irresponsable. Et ce d'autant plus que les clubs français n'ont malheureusement pas réalisé la moitié des plus-values sur cession de joueurs qui ont été planifiées sur l'exercice, en raison bien évidemment de l'impact de la crise sanitaire sur l'économie des clubs traditionnellement acheteurs de nos joueurs. Nous travaillons d'arrache-pied, avec les équipes de la LFP, pour être en situation de payer les montants budgétés par nos clubs à la date prévue. Ils peuvent compter sur nous.

    La présidence de la LFP : « Je n'ai pas vraiment douté de ma capacité à être élu »

    Parlons maintenant de votre élection et de vos projets. Vous avez été élu président de la LFP il y a un mois. Réalisez-vous être devenu le patron du football professionnel français ?
    J'en prends conscience quotidiennement. C'est une grande responsabilité, que je prends avec humilité, mais aussi avec passion et détermination. Je vais essayer d'être à la hauteur des enjeux. Le niveau de mes interlocuteurs et des discussions que j'ai pu avoir depuis mon élection me rappellent tous les jours que j'ai passé un cap dans ma progression professionnelle.

    À quel moment avez-vous décidé de vous présenter à la présidence de la Ligue ?
    Depuis plusieurs mois, le football français s'est éparpillé, façon puzzle. Notre industrie en a beaucoup souffert. À partir de juin, j'ai été sollicité par un certain nombre de dirigeants importants, aussi bien des clubs que des "familles" (joueurs, entraîneurs, arbitres...) qui m'ont poussé à réfléchir à cette candidature. À cette époque, dans mon esprit, ce n'était pas concevable de me présenter sans le soutien de la FFF, de l'OL et du PSG. Mais finalement, je me suis lancé. Sans trahir de secret, la décision finale, je l'ai prise dans les 24 dernières heures et j'ai failli changer d'avis le matin même (le 10 septembre, jour de l'assemblée générale élective de la LFP).

    « J'ai une relation personnelle avec les dirigeants actuels que Michel Denisot n'a pas »

     

     
     
     

    Vous avez finalement franchi le pas, même sans l'appui de la FFF, de l'OL et du PSG.
    La base de mon raisonnement, c'est la pacification du football français. Partant de ce principe, je me suis longtemps dit : "Si je me présente et que je gagne contre la Fédération, Paris et Lyon, ça va être compliqué de pouvoir réaliser une pacification immédiate." C'est là que je "buggais" un peu. Finalement, je suis arrivé à la conclusion, très peu de temps avant le scrutin, qu'il n'y avait pas de raison que cela se passe mal avec Noël Le Graët (le président de la FFF), que je connaissais Nasser al-Khelaïfi (PSG) depuis longtemps et que l'on pourrait très bien s'entendre. Idem pour Jean-Michel Aulas (OL), car on partage une vision commune des réformes profondes à mener. J'ai décidé de me lancer parce que j'ai acquis la conviction que l'unification rapide était possible, ce à quoi je me suis attelé depuis un mois. Et aujourd'hui, je remercie tout le monde, aussi bien ceux qui ont voté pour moi que les autres. On a réussi, dans un laps de temps assez court, à tous se mettre en ligne avec un seul objectif : le renouveau du football professionnel français.

    Les trois que vous évoquez avaient un candidat, Michel Denisot. Il fallait avoir une bonne dose de détermination pour aller contre cet axe-là.
    Michel Denisot était un très bon candidat. Je le connais depuis longtemps. Mon objectif n'était pas de me présenter contre Michel, un homme remarquable en tous points, mais de faire bouger les choses et réunifier le football français. J'ai pensé, de bonne foi, que j'étais le mieux placé pour le faire. Tout simplement parce que Michel a quitté le quotidien de la L1 depuis vingt-cinq ans. Moi, ça fait douze ans que je suis en permanence avec les présidents de club. J'ai une relation personnelle avec les dirigeants actuels que Michel Denisot n'a pas. Par ailleurs, j'ai aussi considéré que j'avais davantage un profil de réformiste que Michel, très proche de la Fédération, et qui pouvait prôner un statu quo à court ou moyen terme. Huit présidents de L1 sur neuf du conseil d'administration ont voté pour moi. Et le neuvième, Nasser al-Khelaïfi, est un ami et pas un ennemi.

    C'était donc plus simple qu'on ne l'imagine d'être élu ?
    Sincèrement, sans aucune prétention, je n'ai pas vraiment douté de ma capacité à être élu. J'avais trop de garanties d'un certain nombre de personnes qui sont des proches et pas des alliés de circonstances. Le seul suspense était en moi. Il fallait juste être sûr d'en avoir envie et certain d'en être capable. J'ai considéré que dans le contexte de pandémie mondiale, pour quelqu'un comme moi qui est spécialisé dans la gestion de crise, c'était naturel de m'engager. J'ai repris l'OM en 2011 (il avait été nommé par le conseil de surveillance du club) avec un stade en travaux pendant trois ans, des droits télé qui baissaient et 40 M€ de pertes. Il n'y avait pas de pire situation pour reprendre ce club. Là, je pense que le challenge n'est pas simple non plus, mais il est passionnant. J'aime bien l'idée d'être dos au mur et de regarder vers le haut.

    Jusqu'au bout, la journée qui a fait de vous le président de la Ligue a été animée...
    Ce qui a fini de me convaincre, c'est l'élection des huit membres de L1 au conseil d'administration. Ce sont des gens brillants, que j'apprécie, et qui veulent faire bouger les choses. J'avais aussi le soutien des "familles", diabolisées à tort. En revanche, ce qui m'a freiné, c'est la violence en coulisses. Je parle de la réaction de ceux qui ont compris qu'ils pouvaient perdre (le vote pour les huit représentants de L1 au conseil d'administration, favorable à Labrune, a été contesté). Pendant quelques minutes, je me suis dit que je ne pouvais pas arriver au milieu d'un tel champ de mines, en étant celui qui pouvait faire encore plus exploser la cocote minute. La personne qui m'a convaincue d'y aller, c'est ma femme. Elle m'a dit, en fin de matinée : "Vincent, c'est un challenge formidable. Tu as les qualités pour le faire. Et pour notre famille, qui a beaucoup souffert du traitement dont tu as été l'objet à l'OM, c'est une belle revanche."

    Le fonctionnement du foot français : « On s'est retrouvés avec une LFP ayant perdu tout son poids »

    Qu'est-ce qui ne fonctionnait pas à la Ligue depuis quatre ans ?
    En 2016, on a fait une réforme à l'envers en nommant le directeur général avant le président. Didier Quillot (DG exécutif) et Nathalie Boy de la Tour n'y sont pour rien. On est partis sur les mauvaises bases. Le second problème est qu'il n'y a pas eu de répartition très claire entre les deux. Autre souci : ils ne faisaient pas partie du sérail des présidents de club, qui considèrent que la LFP est leur maison. Résultat : on a vu très vite s'organiser des poches de résistance en marge de la LFP. Première Ligue (syndicat des clubs de l'élite) est devenue une véritable machine de guerre. Idem pour le collège de L1. Petit à petit, les deux ont pris la main sur la quasi-totalité des processus de décision. On s'est retrouvés avec une LFP ayant perdu tout son poids. À ce moment-là, on a eu la chance d'avoir un président de la Fédération qui s'est imposé définitivement comme le garant et le leader du football français. Mais à la base, ce n'est pas son rôle. Les clubs ont avancé en dehors de la LFP, pas avec elle.

    « La première chose que Noël Le Graët m'a dite, c'est : "Vincent, il y a deux chefs maintenant. Vous et moi. On doit parler d'une même voix."

     

     
     
     

     

    Noël Le Graët prend en effet beaucoup de place. Cela ne va pas être simple...
    Je l'ai vu le lundi qui a suivi mon élection. La première chose qu'il m'a dite, c'est : "Vincent, il y a deux chefs maintenant. Vous et moi. On doit parler d'une même voix."

    N'a-t-il pas dit "moi et vous" ?
    Il a peut-être en effet dit "moi et vous" (rires). Mais il a été très constructif et ça a fait tilt. Si le football a donné une image déplorable ces derniers mois, une des raisons majeures est que l'on a eu trop d'interlocuteurs défendant leur intérêt personnel versus l'intérêt général. La LFP n'a pas rempli son rôle. Mais ses deux dirigeants ne pouvaient pas, ils n'étaient pas audibles. Quand vous avez des personnalités aussi fortes, aussi médiatiques que Jean-Michel Aulas, Bernard Caïazzo (président de Première Ligue et du conseil de surveillance de Saint-Étienne), Gérard Lopez (Lille) ou Nasser al-Khelaïfi qui prennent quotidiennement la parole sur fond d'embrouillaminis, d'arrêt de la compétition et de craintes sur les ressources à venir, le message s'est dispersé et perdu. Aujourd'hui, on doit parler d'une seule et même voix après avoir défini, de façon collégiale, une stratégie commune.

    Jean-Michel Aulas nous a dit que vous l'avez convaincu au cours d'une soirée de ne pas se représenter à la présidence du collège de L1.
    C'est vrai. On se connaît depuis dix ans. Dans le football, il faut séparer deux choses : le "circus" quotidien de la L1, avec son folklore, et les déclarations que l'on a pu faire, lui et moi, dans nos fonctions de président de l'OL et de l'OM et le reste. Déjà, à l'époque, il y avait aussi un respect mutuel. On était tous les deux membres du conseil d'administration de la LFP. On ne part donc pas de zéro. J'ai beaucoup de respect pour lui. Il a été le plus grand président du football français de ces vingt dernières années. Il a réussi grâce à sa personnalité hors normes, qui l'a poussé, parfois, à un peu trop privilégier son intérêt personnel, peut-être même de façon inconsciente. C'est ce que j'ai expliqué, calmement, à Jean-Michel. Il a entendu et surtout compris où nous voulions aller. On doit à minima changer les structures de la LFP pour faire une société commerciale. On doit travailler fortement avec la Fédération et surtout avec l'UEFA pour changer la liste d'accès aux compétitions européennes. Au niveau européen, Jean-Michel a une position centrale. Il va être beaucoup plus utile dans cette action-là.

    Les enjeux économiques : « Le plus dur, c'est 2020-2021 »

    La société commerciale est-elle vraiment une nécessité ?
    La nécessité est de faire vivre le football français avec son temps. En termes d'organisation, la LFP c'est encore la IVe République. Le statut quo est impossible. Mais je ne suis pas Don Quichotte. Quand au plus haut niveau de l'État, à la présidence de la FFF, on m'explique que la société commerciale, telle que définie ces derniers mois, n'a aucune chance d'aboutir très vite, je ne vais pas me battre contre les moulins à vent. Quelle solution intermédiaire trouver à court terme pour faire progresser notre football ? Avec les "familles" et la FFF, on va la trouver. Une des pistes est de faire de cette société commerciale une filiale de la LFP. Sous réserve de l'approbation générale.

    Les clubs français sont-ils en danger en raison de la baisse des recettes liées à la pandémie de Covid-19 et des menaces sur les droits télévisés ?
    Je veux d'abord remercier publiquement les pouvoirs publics qui ont fait un effort colossal pour le foot pro avec le PGE (prêt garanti par l'État, à hauteur de 224,5 M€) et le chômage partiel. Cela a sauvé l'économie de nos clubs sur la saison 2919-2020. Mais le plus dur, c'est 2020-2021.

    « Il est urgent de mettre en place des réformes statutaires pour améliorer la compétitivité de nos clubs dans les compétitions continentales »

     

     
     
     

    Que faut-il faire pour sortir du trou ?
    Nos droits UEFA (les sommes versées aux clubs participant aux Coupes d'Europe) sont très faibles. La France est cinquième à l'indice UEFA et accuse un énorme retard sur les autres pays du top 5. Entre 2016 et 2020, c'est moins 100 M€ par rapport à l'Allemagne, moins 200 M€ sur l'Italie, moins 430 M€ sur l'Espagne et moins 920 M€ sur l'Angleterre... C'est un point majeur. Comment voulez-vous que l'on soit compétitif ? Car plus on capte de droits sur la scène européenne, plus on peut les redistribuer nationalement avec l'achat de joueurs en L1 et en L2. Cet écart provient principalement de la liste d'accès en Ligue des champions, où nous avons 2+1 clubs quand les quatre autres championnats majeurs en ont 4, et de résultats moindres en Ligue Europa. Il est urgent de mettre en place des réformes statutaires pour améliorer la compétitivité de nos clubs dans les compétitions continentales. Une société commerciale pourrait faire venir un investisseur à ses côtés. Et vis-à-vis de l'UEFA et de l'ECA (l'association européenne des clubs), il faut se battre pour réparer ces injustices et bénéficier d'un fauteuil supplémentaire. Je compte m'appuyer sur Noël Le Graët, Jean-Michel Aulas et Nasser al-Khelaïfi, qui ont des positions fortes dans les instances européennes. Je rappelle que l'on n'a pas gagné une Coupe d'Europe depuis 1996 (la C2 avec le PSG). Entre-temps, neuf pays en ont gagné, dont l'Ukraine, la Russie, les Pays-Bas, la Turquie et le Portugal.

    Vous vivez loin de Paris. Comment allez-vous vous organiser ?
    Je vis en Provence avec ma femme et mes deux enfants qui sont encore petits (6 et 8 ans). Il n'y a rien de plus important dans ma vie que ma famille. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles j'ai hésité à me présenter à la présidence de la LFP, car je sais que c'est chronophage et que cela va changer une vie qui m'allait très bien à leurs côtés.

    Nathalie Boy de la Tour était une présidente salariée. Et vous ?
    J'ai été élu pour mener des réformes profondes. C'est un boulot à temps plein. J'ai quitté l'intégralité de mes mandats dès le lendemain de mon élection. J'ai stoppé la totalité de mes collaborations. Pour être tout à fait honnête, on n'a pas encore abordé la question du statut ou de la rémunération. On avait d'autres priorités à court terme. »

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    Droits télé : le choix de Mediapro, un aveuglement collectif

    Les décideurs qui ont vendu, pour un montant record, l'essentiel des droits de la L1 à Mediapro n'ont pas voulu voir les risques d'une telle décision.

    Etienne Moatti et Arnaud Hermantmis à jour le 12 octobre 2020 à 22h43
     
     

    Flattés d'être sélectionnés pour faire partie du « comité de pilotage » de l'appel d'offres sur les droits de la Ligue1 (période 2020-2024), ils préféreraient aujourd'hui qu'on les oublie un peu. À l'automne 2017, au moment de lancer la consultation qui va décider de l'avenir du football français, une cellule d'accompagnement est mise sur pied, comprenant notamment Jacques-Henri Eyraud (Marseille), Bernard Caïazzo (Saint-Étienne), Bertrand Desplat (Guingamp), Saïd Chabane (Angers), Jean-Pierre Rivère (Nice), Vadim Vasilyev (Monaco) ou encore Claude Michy (Clermont, L 2).

    Mais aussi Nathalie Boy de la Tour et Didier Quillot, respectivement présidente et directeur général exécutif de la LFP (qui ont tous deux perçu des bonus sur les droits TV avant de quitter leurs fonctions). Ou encore Michel Denisot, représentant de la FFF à la Ligue. Jean-Michel Aulas, le président de l'OL, en est exclu. Il s'en plaint dans nos colonnes en novembre 2017. « Il y a en effet cette commission avec des grands spécialistes dont je ne fais pas partie, regrettait-il. J'ai été déçu d'en être exclu. Je suis un peu frustré. Les gens qui ont travaillé avec moi savent que mon expérience en la matière est importante. Je suis en contact avec tous les opérateurs. À la Fédération, Noël Le Graët (le président) compte sur moi sur ces sujets. Il a moins de réticences. » Aulas sera finalement réintégré et participera aux décisions dans la dernière ligne droite malgré ceux qui souhaitaient, au départ, le tenir éloigné de ce dossier stratégique.

    Le comité de pilotage, dont les membres ont signé des clauses de confidentialité, travaille de son côté, en toute discrétion. Avec Didier Quillot et Mathieu Ficot, le directeur des droits médias de la Ligue, un spécialiste reconnu, aux manettes. Et une obsession : trouver le diffuseur susceptible de briser le pacte de non-agression passé entre Canal+ et beIN Sports, qui risque de freiner la progression souhaitée des droits télévisés de la L1.

    Les garanties financières jugées insuffisantes en Italie

    C'est ainsi que Mediapro sort du chapeau. Désireux de récupérer des droits hors d'Espagne, son terrain de jeu habituel, Mediapro a tenté sa chance en Italie, mais a été recalé, faute de garanties jugées suffisantes par la Serie A. Entre le duo Quillot-Ficot et Jaume Roures, l'iconoclaste patron du groupe, le Catalan Marc Ingla, directeur général de Lille, va jouer les intermédiaires. Plusieurs rendez-vous ont lieu entre les dirigeants de la LFP et Mediapro. Ils aboutissent à une enchère record, où le groupe sino-espagnol s'adjuge, en mai 2018, 80 % des matches de l'élite pour 780 M€ annuels. Sans que les différents signaux d'alerte n'aient fonctionné.

    Quelques semaines avant le résultat de la consultation de la Ligue, Mediapro n'a pas répondu à l'ultimatum des Italiens qui lui demandaient de fournir une garantie bancaire pour obtenir leurs droits. Elle ne viendra jamais (seule une avance de 64 M€ étant versée). En France, Mediapro n'en aura pas besoin, la LFP acceptant de lui céder les droits sans garantie bancaire. Dans nos colonnes, Didier Quillot explique : « Nous avons une caution solidaire de l'actionnaire de référence de Mediapro. Ce n'est pas une garantie bancaire, car une garantie bancaire de 1,153 milliard d'euros par an, ça n'existe pas. Il y a un contrat. Si jamais Mediapro ne payait pas, on se retournerait vers son actionnaire. »

    Mediapro fournira simplement « un acte de cautionnement solidaire émis par l'actionnaire de référence du groupe », loin de l'« acte de cautionnement solidaire émis par un établissement bancaire de premier plan avec renonciation aux bénéfices de division et de discussion » (la caution solidaire désigne le tiers s'engageant à garantir l'exécution d'un contrat lorsque l'une des parties ne remplit pas ses obligations).

    Le cabinet d'avocats américain Clifford Chance, qui supervise les appels d'offres de la Ligue depuis longtemps, ne s'est pas opposé à cette solution. Et s'est même déplacé, après la signature des contrats, devant le conseil d'administration de la LFP, qui avait validé à l'unanimité cette décision, pour rassurer les dirigeants du football français sur le sérieux du nouvel entrant et de ses actionnaires.

    Des négociations n'ont pas abouti avec Canal+

    Pour autant, les dirigeants de la LFP ne sont pas tranquilles. Selon nos informations, ils se sont même déplacés à Londres, accompagnés de leurs services financiers, pour rencontrer des investisseurs susceptibles de garantir deux échéances de Mediapro (autour de 340 M€) en cas d'impayés. Il aurait fallu verser, de façon automatique, 1 % de la somme, soit 3,4 M€, pour obtenir cette « couverture ». Finalement, cette solution n'a pas été retenue. Aujourd'hui, la Ligue doute fortement d'obtenir l'« acte de cautionnement solidaire émis par l'actionnaire de référence du groupe » et a contacté des établissements bancaires pour se faire prêter les montants que Mediapro n'a toujours pas versés (voir encadré).

    Certains pointent également du doigt ce qu'ils considèrent comme des erreurs de la LFP, notamment les possibilités de sous-licences offertes par le règlement de l'appel d'offres. Une option qui ouvre la voie à la spéculation. Mediapro a peut-être aussi pensé qu'en s'adjugeant l'essentiel de la L1, il allait être en position de force pour faire payer, encore plus cher, ceux qui auraient été recalés au moment des enchères. Des discussions ont d'ailleurs eu lieu entre Mediapro et Canal+, mais elles n'ont pas abouti. Avant que la chaîne cryptée ne fasse affaire avec beIN Sports, qui lui a rétrocédé, sans plus-value (330 M€ par an), son lot de deux matches. À l'arrivée, Mediapro se retrouve donc avec un total de 814 M€ annuels (780 millions pour la L1 et 34 millions pour la L2) à débourser chaque saison. Et a déjà stoppé les versements prévus sur quatre ans après seulement un mois de compétition.

    La LFP dans l'attente
    Depuis la révélation, dans nos colonnes, du non-paiement par Mediapro de son échéance du 5 octobre (172 M€) et de sa volonté de renégocier à la baisse son contrat de 814 M€ annuels (L1 + L2), la Ligue s'active en coulisses. Elle est sur le point de contracter un prêt pour assurer, au besoin, le versement prévu aux clubs le 17 octobre. Car elle doute fortement de pouvoir obtenir un versement du groupe sino-espagnol d'ici-là. 

    Pour l'heure, elle ne veut pas consentir de rabais, car les finances des clubs, déjà privés de recettes billetterie en raison de la pandémie de Covid-19, sont exsangues. Mais aussi parce que ce serait mettre le doigt dans un engrenage, en étant évidemment obligé d'en faire de même avec Canal+ et Free, les autres diffuseurs de la Ligue 1, et beIN Sports, qui retransmet deux rencontres de Ligue 2 par journée. Tous les jours de retard de paiement de Mediapro font, par ailleurs, l'objet de pénalités et d'intérêts en faveur de la Ligue. Qui attend avec fébrilité l'échéance du 17 octobre et un geste des actionnaires de Mediapro pour savoir quelle est leur réelle stratégie. E. M. et A. H.
     

     

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    Droits télé : les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 en alerte maximale

    Déjà frappé par le Covid-19 et un mercato atone, le football professionnel ne se remettrait pas d'un accident sur les droits télévisés, après le non-paiement du 5 octobre par Mediapro.

    Étienne Moatti et Arnaud Hermant13 octobre 2020 à 21h55
     
     

    La France du football a peur. Le non-paiement par Mediapro de sa facture du 5 octobre (172 millions d'euros) et sa volonté de revoir à la baisse le montant de son contrat (814 millions d'euros par an entre 2020 et 2024) placent les clubs de L1 et de L2 au bord du gouffre. Pour parer au plus pressé, la LFP est sur le point de contracter un emprunt. Mais s'il se confirme que le pilier des droits télévisés se lézarde ou - pire - s'écroule, c'est tout le football professionnel français qui va se retrouver à terre.

    Car avant même la révélation, dans nos colonnes, de la défaillance de Mediapro, la situation était très inquiétante. Comme l'a révélé, cet été dans ce journal (le 30 juillet), Jean-Marc Mickeler, le président de la DNCG, les comptes sont déjà dans le rouge. « Avant le début de cette crise, les budgets des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 projetaient une perte de 116 millions d'euros pour la saison 2019-2020 (-103 millions pour la L1 et - 13 millions pour la L2), expliquait-il. Les comptes estimés qui nous ont été présentés lors des auditions de ce mois de juillet font finalement apparaître une perte de 289 millions d'euros [...] La Ligue 1 est naturellement la plus affectée avec une perte estimée à 291 millions d'euros alors que la Ligue 2 devrait afficher un léger résultat bénéficiaire de l'ordre de 2 millions d'euros. »

    Les recettes nées des transferts loin des 812 millions espérés

    Pour cette saison, les perspectives étaient de 250 millions d'euros de pertes, mais en prenant en compte des recettes de transferts à hauteur de 812 millions, alors que seulement 376 millions de ventes ont été finalement réalisées, comme le craignait le patron de la DNCG. « La capacité de vendre des joueurs et de générer ces 812 millions d'euros reste à démontrer, redoutait-il. Ce serait le deuxième mercato le plus élevé de l'histoire du football français après celui d'il y a deux ans. La capacité de réaliser un pareil mercato dans un environnement post-Covid reste largement sujette à caution. » Jean-Marc Mickeler a malheureusement eu raison.

    À ces pertes, il faut ajouter le manque à gagner provoqué par la pandémie de Covid-19 sur les recettes « jour de match ». Elles ont été évaluées par la LFP, qui a pris en compte la L1, la L 2 et les rencontres de Coupes d'Europe (pour la période comprise entre juillet et fin décembre 2020) à 125 millions d'euros en termes de billetterie et 67 millions pour les « hospitalités » (accueil des sponsors et partenaires lors des matches).

    « La situation est dramatique. Si on ne touche pas les droits de Mediapro, certains n'iront pas au bout de la saison »

    Un connaisseur de la vie économique des clubs français

     
     
     

    Autant dire que cette défection de Mediapro tombe au plus mal, dans un contexte déjà largement sinistré. Et menace la survie de certains clubs si le groupe sino-espagnol ne remplit pas - ou peu - ses obligations. « La situation est dramatique, estime un très bon connaisseur de la vie économique des clubs. Si on ne touche pas les droits de Mediapro, certains n'iront pas au bout de la saison, Pour la Ligue 2, qui a des recettes télévisées de l'ordre de 5 à 6 millions d'euros, une défaillance du groupe espagnol serait dure à encaisser. Mais ce serait pire en Ligue 1, avec 30 à 35 millions de droits minimum pour les clubs de l'élite. Tout dépendra de la capacité des actionnaires à faire face. Mais sans chercher à dramatiser, il y a une réelle menace d'effondrement. »


    https://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Conflit-mediapro-lfp-une-procedure-de-mediation-negociee/1183335

    https://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Conflit-au-sujet-des-droits-tele-la-lfp-refuse-de-negocier/1183361

    Edited by hermann
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    Merci, articles très instructifs et un peu inquiétants...

    C'est là qu'on se dit que les 9M de Grbic on à peut être bien fait de pas les claquer tout de suite dans un international MoldoPéruvioSénégalais à 5M vendu comme la pépite du championnat de D2 de Bolivie.. Si par exemple 17 clubs de L1 déposent le bilan ça veut dire qu'on peut monter alors aussi? 😇😝

    Edited by elliot
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    si cata il y a, on perdrait une partie des sommes prévues

    La vente de Grbic mis sur le livret A pourrait être utile, pas de panique de notre côté et quelque part, heureusement qu'on est pas en ligue 1

    Media pro, n'est pas arrivé la bonne année, les clubs qui ont besoin de cette manne comme Marseille risque la banqueroute

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    6 hours ago, elliot said:

    Merci, articles très instructifs et un peu inquiétants...

    C'est là qu'on se dit que les 9M de Grbic on à peut être bien fait de pas les claquer tout de suite dans un international MoldoPéruvioSénégalais à 5M vendu comme la pépite du championnat de D2 de Bolivie.. Si par exemple 17 clubs de L1 déposent le bilan ça veut dire qu'on peut monter alors aussi? 😇😝

    Disons que c'est des articles si tu n'es pas abonné à L'Equipe tu ne peux pas les lire... Sauf qu'ici ça n'intéresse quasiment personne et mis à part 4 forumeurs ou forumistes (je ne sais pas qu'elle est le bon nom à utiliser) personne n'a écrit dans le sujet qui a été crée le 30/08/2020.

    En fait on se rend compte qu'on n'arrive pas à faire participer les gens (c'est plus simple comme nom) et que la majorité (hors sujet pronostiques, Tell ou Bayo) n'a pas envie d'écrire pour échanger sur un sujet. Tu poses des questions la plupart du temps tu n'as pas de réponses, sauf si c'est ton jour de chance, ou si tu as une réponse c'est que tu as fait ton gros lourdingue en la posant plusieurs fois.

    Pour certains on peut être jaloux de la place qui est donnée à l'ASM en Auvergne mais force est de constater qu'à part se plaindre on ne fait rien pour que ça change et montrer qu'il y a des gens qui sont passionnés par le foot ici.

    Edited by hermann
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    17 minutes ago, hermann said:

    Disons que c'est des articles si tu n'es pas abonné à L'Equipe tu ne peux pas les lire... Sauf qu'ici ça n'intéresse quasiment personne et mis à part 4 forumeurs ou forumistes (je ne sais pas qu'elle est le bon nom à utiliser) personne n'a écrit dans le sujet qui a été crée le 30/08/2020.

    En fait on se rend compte qu'on n'arrive pas à faire participer les gens (c'est plus simple comme nom) et que la majorité (hors sujet pronostiques, Tell ou Bayo) n'a pas envie d'écrire pour échanger sur un sujet. Tu poses des questions la plupart du temps tu n'as pas de réponses, sauf si c'est ton jour de chance, ou si tu as une réponse c'est que tu as fait ton gros lourdingue en la posant plusieurs fois.

    Pour certains on peut être jaloux de la place qui est donnée à l'ASM en Auvergne mais force est de constater qu'à part se plaindre on ne fait rien pour que ça change et montrer qu'il y a des gens qui sont passionnés par le foot ici.

    Qu'est ce que tu veux que je dise sur le sujet? Le foot et ces instances commencent à me donner la nausée. Toutes ces histoires de fric feront couler ce sport. Je suis un ancien joueur amateur et je suis dégouté, de voir autant de magouilles et d'amateurisme dans les hautes instances et le monde pro du foot. Alors qu'en amateur, ce sport devient de plus en plus pauvre et a du mal à trouver des adhérents et des bénévoles. 

    La fin de saison dernière a été volée ce qui va certainement provoquer la chute financière de certains clubs de ligue 1 mais rassurons nous, le quatar avec son portefeuille sans limite sauvera le club phare de la capitale, alléluia. Quand aux autres, les contribuables devront peut être mettre la main à la poche!

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    7 hours ago, elliot said:

     

    C'est là qu'on se dit que les 9M de Grbic on à peut être bien fait de pas les claquer tout de suite 😇😝

    J'ai le même raisonnement. Peut être que les têtes pensantes du Club avaient anticipé ce scénario dans cette saison chaotique et incertaine ...

    Edited by Barça fan 63
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    7 hours ago, Leaud said:

    Qu'est ce que tu veux que je dise sur le sujet? Le foot et ces instances commencent à me donner la nausée. Toutes ces histoires de fric feront couler ce sport. Je suis un ancien joueur amateur et je suis dégouté, de voir autant de magouilles et d'amateurisme dans les hautes instances et le monde pro du foot. Alors qu'en amateur, ce sport devient de plus en plus pauvre et a du mal à trouver des adhérents et des bénévoles. 

    La fin de saison dernière a été volée ce qui va certainement provoquer la chute financière de certains clubs de ligue 1 mais rassurons nous, le quatar avec son portefeuille sans limite sauvera le club phare de la capitale, alléluia. Quand aux autres, les contribuables devront peut être mettre la main à la poche!

    Concernant le PSG il s'en sortira aussi parce que le club doit espérer qu'une ligue fermée européenne verra le jour.

    Pour le reste de toute façon le contribuable va devoir mettre la main à la poche pour tout car économiquement je ne vois pas comment on peut s'en sortir. Cette année tu disais youpee soit tu ne payais pas de taxe d'habitation soit tu bénéficiais d'un dégrèvement progressif de celle-ci pour la plupart. Concernant l'impôt sur le revenu si tu étais anciennement dans la tranche à 14%, suivant ton revenu fiscal de référence celle-ci passait à 11%. Sauf que le pire est à venir…

    P.S. : Tu as du lire ce matin que le régime des retraites plongeait dans le rouge et que le système pourrait être déficitaire de 25,4 milliards d'euros cette année.

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    25 minutes ago, hermann said:

    Concernant le PSG il s'en sortira aussi parce que le club doit espérer qu'une ligue fermée européenne verra le jour.

     

    Pour le reste de toute façon le contribuable va devoir mettre la main à la poche pour tout car économiquement je ne vois pas comment on peut s'en sortir. Cette année tu disais youpee soit tu ne payais pas de taxe d'habitation soit tu bénéficiais d'un dégrèvement progressif de celle-ci pour la plupart. Concernant l'impôt sur le revenu si tu étais anciennement dans la tranche à 14%, suivant ton revenu fiscal de référence celle-ci passait à 11%. Sauf que le pire est à venir…

     

    P.S. : Tu as du lire ce matin que le régime des retraites plongeait dans le rouge et que le système pourrait être déficitaire de 25,4 milliards d'euros cette année.

     

    Justement pour la révision du système des retraites, j'espère que tout sera fait en premier lieu pour lutter conter la fraude qui est colossale. Avant de pénaliser les honnêtes travailleurs punissons les fraudeurs! Mais on s'éloigne du foot. 

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    Conflit avec Mediapro au sujet des droits télé : la LFP contracte un premier emprunt de 120 millions d'euros

    Pour pallier la défaillance de Mediapro, la Ligue a contracté un prêt qui doit permettre aux clubs de faire face. Elle pourrait en souscrire un second.

    Etienne Moatti et Arnaud Hermantmis à jour le 14 octobre 2020 à 22h37
     
     

    Les derniers détails de cette opération de sauvetage ont été négociés hier après-midi. Tout pourra donc être validé, ce matin, par le conseil d'administration de la Ligue, réuni à 10 h 30 en visioconférence, avant un ultime passage devant l'assemblée générale, en tout début de semaine prochaine, comme le prévoient les statuts de l'instance. Pour combler le trou laissé par Mediapro, qui n'a pas honoré son échéance du 5 octobre (172 M€), comme l'a révélé L'Équipe, la LFP va contracter un emprunt auprès d'une banque étrangère.
    Selon nos informations, le montant sollicité auprès de cet établissement financier est de 120 M€. La Ligue va ajouter 50 M€ apportés sur ses fonds propres pour atteindre le montant dû et non réglé par Mediapro. Dès la fin de la semaine, 50 M€ seront redistribués aux clubs, qui devaient recevoir leur part des 172 M€ le 17 octobre (samedi). Le solde le sera, une fois l'emprunt validé par la CA et l'AG de la LFP, avant la fin du mois d'octobre. Ce qui permettra aux clubs d'honorer les salaires des joueurs.

    400 000
    Le nombre estimé d'abonnements à Téléfoot via les opérateurs télécom. Le chiffre total, c'est-à-dire en comptant les abonnements déclenchés directement via le site et l'application Téléfoot en OTT (Over The Top), n'est pas connu. Mais il ne dépasserait pas le million.

    Près de 500 M€ empruntés d'ici à décembre ?

    La LFP a également pris une option auprès de la banque prêteuse pour l'échéance du 5 décembre, dans l'hypothèse, assez probable, où Mediapro continuerait de ne pas régler ses dettes. Le montant de ce potentiel 2e emprunt est du même ordre que le premier.

    Dans ce dossier, pour trouver une solution et négocier avec les banques, Vincent Labrune, élu président de la Ligue le 10 septembre, s'est appuyé sur Loïc Féry, le président de Lorient, qui est son ami, et surtout un spécialiste reconnu de la finance. Mais aussi sur Sébastien Cazali, le directeur financier de la LFP, très impliqué depuis que la défaillance de Mediapro est connue. Féry avait déjà été mis à contribution, avec Olivier Sadran, à l'époque président de Toulouse, lorsque la Ligue avait dû, au printemps, contracter un 1er emprunt, en l'occurrence un PGE (prêt garanti par l'État) d'un montant de 224,5 M€.

    La LFP se trouve donc, en l'espace de quelques mois, avec un emprunt global de 344,5 M€, qui pourrait atteindre près de 500 M€ si les 150 M€ promis par Mediapro en décembre doivent également être assumés par l'instance. Sans avoir, pour l'instant, de réelles perspectives. La Ligue a choisi de ne pas négocier avec le groupe sino-espagnol, et attend que l'actionnaire chinois intervienne pour régler la facture. Ce qu'il se garde bien de faire. Au contraire, Mediapro s'est tourné vers le Tribunal de commerce de Nanterre pour engager une procédure de médiation et tenter d'obliger la Ligue à négocier, sans effectuer le moindre versement. Une action qui rencontre, pour l'heure, une fin de non-recevoir de la LFP.

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    19 hours ago, hermann said:

    Disons que c'est des articles si tu n'es pas abonné à L'Equipe tu ne peux pas les lire... Sauf qu'ici ça n'intéresse quasiment personne et mis à part 4 forumeurs ou forumistes (je ne sais pas qu'elle est le bon nom à utiliser) personne n'a écrit dans le sujet qui a été crée le 30/08/2020.

    En fait on se rend compte qu'on n'arrive pas à faire participer les gens (c'est plus simple comme nom) et que la majorité (hors sujet pronostiques, Tell ou Bayo) n'a pas envie d'écrire pour échanger sur un sujet. Tu poses des questions la plupart du temps tu n'as pas de réponses, sauf si c'est ton jour de chance, ou si tu as une réponse c'est que tu as fait ton gros lourdingue en la posant plusieurs fois.

    Pour certains on peut être jaloux de la place qui est donnée à l'ASM en Auvergne mais force est de constater qu'à part se plaindre on ne fait rien pour que ça change et montrer qu'il y a des gens qui sont passionnés par le foot ici.

    Tu sais , je pense que pas grand monde n’est naïf, le foot est devenu ce qu'il est comme beaucoup de choses dans la société, l'argent a pris trop de place, et aujourd’hui. un club ne pense pas à ses supporters, mais aux droits télé.............on sait tous que tout ça peut faire un gros flop rapidement, on le sait  mais on vit avec, on fait semblant,  on fait l'autruche, c'est une des principales raison pour laquelle je défends encore le Clermont -foot, car il garde des valeurs que j'estime correctes..... Ce système qui repose sur l'intérêt de quelques uns pour moi est éphémère, il fait l'intérêt de pays comme le Quatar qui veulent promouvoir leur culture, leurs médias, leurs produits etc....mais bon, tout le monde se tait car l'argent rentre à flots..........si j'étais un joueur pro, je fermerai surement mon bec en touchant 5m$/an

    Sinon, pour ma part, si je ne réponds pas forcément à ce sujet ou d'autres, ce n'est pas par manque d'intérêt, c'est juste qu'en quelques mots tout est dit, puis avec le travail, la famille, j'ai pas toujours envie de tergiverser sur ce genre de sujets..........pour le clermont foot, ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est plutôt le côté projet (les idées de la direction actuelle) et le rayonnement local (l.apport aux alentours) sur ce dernier point j'ai toujours été fier des valeurs véhiculées pendant Michy, et perdurées depuis AS

    Le foot est un véhicule pour rendre plus rapidement certains produits dans la caddie du consommateur, c'est crash mais c'est comme ça que je le vois aujourd'hui.....on ne veut pas d'un supporter mais d'un spectateur devant son poste internet ou de télé qui regarde les pubs

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    Médiation, mode d’emploi

    YANN SOUDÉ
    La LFP refuse pour l’instant de négocier avec Mediapro, qui a sollicité une médiation auprès du tribunal de commerce. Si cette voie devait être suivie, voici ce qu’elle prévoit.

    À l’heure où les clubs français s’inquiètent d’un effondrement de leur modèle économique, Mediapro ne désespère pas de renégocier le contrat de diffusion qui le lie à la LFP. Comme révélé hier par le Canard Enchaîné, le groupe audiovisuel, principal détenteur des droits de la L1 et de la L2, a sollicité fin septembre un processus de médiation auprès du président du tribunal de commerce de Nanterre afin de rapprocher sa position de celle de la Ligue.

    Alternative au procès judiciaire, la médiation doit permettre aux deux parties « de clarifier leurs différends, de trouver des solutions négociées et de pérenniser leur relation, selon Maud Neukirch de Maistre, dont le cabinet Avenir Médiation a signé une convention des modes amiables de règlement des différends avec les tribunaux de Nanterre. C’est un processus rapide, confidentiel et économique.

    Avec la médiation, on est responsables de ses solutions. Il n’y a pas de gagnant ni de perdant. Chacun doit être prêt à faire un pas vers l’autre. »

    Le versement suspendu ?

    D’après le Canard enchaîné, Vincent Labrune, le président de la LFP, a signé « un papier dans lequel il accepte la procédure dite de ’’médiation ad hoc’’ ». Mais selon nos informations, la LFP n’a pas accepté à ce stade d’engager des négociations avec Mediapro et reste sur une ligne de fermeté vis-à-vis de son débiteur.

    Dans le cas où les deux parties s’engageraient dans cette voie, il faudrait d’abord qu’elles rencontrent, chacune de leur côté dans un premier temps, « un tiers neutre, impartial et indépendant, soumis à la confidentialité des échanges », selon Maud Neukirch de Maistre. Ce médiateur réunirait ensuite ceux que l’on appelle les « médiés » dans le but de «trouver des intérêts communs » et ainsi de sortir du conflit qui les oppose, dans le délai légal de trois mois – renouvelable pour la même durée avec l’accord des deux parties. « Dans 50 % des cas, la médiation dure dix heures : deux entretiens individuels, une séance plénière de trois heures puis une seconde pour finaliser l’accord, précise la fondatrice du cabinet Avenir Médiation. C’est une durée maximum : si au bout d’un mois, les deux parties ont trouvé un accord ou qu’elles ne veulent plus de cette médiation, elles peuvent arrêter le processus. »

    À court terme, cette solution permettrait à Mediapro de gagner du temps, car « la médiation, remarque Maud Neukirch de Maistre, suspend tous les contentieux et toutes les demandes le temps d’être traitée ». Et donc le versement de 172 M€ attendu par la LFP le 5 octobre (et par les clubs le 17), dont le groupe sino-espagnol ne s’est toujours pas acquitté. Voire le prochain, de 150 M€, attendu le 5 décembre.

     

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    L’actionnaire chinois à la manœuvre ?

    JEAN LE BAIL Josep Maria Benet, l’un des deux présidents fondateurs de Mediapro, au côté de Tony Ma, le PDG d’Orient Hontai Capital.  Expansion
    Orient Hontai Capital et sa maison mère ont pu peser pour que l’opérateur engage le bras de fer avec la Ligue sur le montant des droits.

    « Pas de casserole. » À ce stade, les as de laforensic investigation («enquête médico-légale »), ces spécialistes du monde de la finance qui dissèquent pour les cabinets de conseil internationaux la réputation des investisseurs, n’ont rien trouvé de suspect sous leur scalpel chez l’actionnaire chinois majoritaire de Mediapro ni chez sa holding, dont le cours de Bourse est stable depuis des mois à Shanghai et Hongkong.

    Alors que le détenteur sino-espagnol des droits de diffusion de la L1 et de la L2 plonge les clubs dans l’angoisse en ne payant pas sa traite de 172 M€ due au 5 octobre et en pressant la Ligue de renégocier à la baisse le montant de son contrat de 814 M€ par an sur la période 2020-2024, la question se pose de savoir si cette alerte rouge pour le foot français pourrait être le fruit de difficultés financières du fonds d’investissement Orient Hontai Capital, son actionnaire à 53,5 % depuis février 2018, voire de sa maison mère, Orient Securities, autre société chinoise dont elle est l’une des quelque 50 filiales – dont la majorité sont des sociétés d’investissement ou de gestion d’actifs.

    Dans le Parisien, hier, Jean-Michel Aulas, le président de l’OL, semblait écarter cette hypothèse en décrivant Orient Securities, dont l’un des actionnaires de référence est la municipalité de Shanghai, comme « un fonds d’État très puissant, important et sérieux». En 2019, Orient Securities réalisait un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros et un peu moins de 400 M€ de bénéfices. La société est valorisée actuellement à 9 milliards d’euros sur les marchés boursiers.

    Un très probable gros déficit d’exploitation de Téléfoot

    Quant à Orient Hontai Capital, l’actionnaire direct de Mediapro, basé lui à Pékin et présent en Chine et en dehors dans les secteurs des médias, de la technologie, des jeux vidéo et de la santé, un analyste parisien explique à L’Équipe que « rien ne distingue cette société des dizaines d’autres sociétés d’investissement chinoises appartenant à l’État ».

    Son patron, Tony Ma, avait salué la prise de contrôle de Mediapro – pour près de 1 milliard d’euros – comme « une étape cruciale dans [l']expansion [du groupe] en Europe dans le cadre de la stratégie de la nouvelle route de la soie », l’une des priorités de la diplomatie chinoise depuis 2013.

    Le dernier investissement d’Orient Hontai Capital date du mois dernier, une prise de participation dans une biotech chinoise, XWPharma, pour 34 M€, et son dernier échec connu remonte à 2016.

    À cette époque, le fonds avait tenté de prendre le contrôle de la société californienne de marketing mobile AppLovin pour 1,2 Md€, mais le Comité américain sur les investissements étrangers avait bloqué l’opération en raison de craintes relatives à la sécurité des données. Un demi-échec seulement en définitive puisque l’investisseur chinois avait pu acquérir 10 % d’AppLovin pour 120 M€ tout en investissant dans la dette de l’entreprise.

    Si l’état financier des investisseurs chinois ne paraît pas directement en cause dans la douche froide qui s’abat sur le Championnat de France, il n’est pas exclu que la main de Pékin ou de Shanghai ait quand même pu tenir le pommeau. Un bon connaisseur des investissements asiatiques en Europe, encore récemment en poste à Shanghai, estime « plausible » que l’actionnaire de référence « tente de faire baisser la facture » d’un très probable gros déficit d’exploitation de la chaîne Téléfoot dont le point d’équilibre (3,5 millions d’abonnés) paraît hors d’atteinte en l’état.

    « Les hommes d’affaires chinois ont peu de respect pour la naïveté et un grand sens du rapport de force », ajoute cet expert qui pointe « l’hyper dépendance des clubs au contrat » et « ses protections potentiellement insuffisantes pour la Ligue ». Jean-Michel Aulas le dit autrement : « N’avoir ni de garantie bancaire ni de deposit (caution) devient une insigne faiblesse voire un drame pour le football français. »

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