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    Quelle somme va perdre le football français avec le défaut de Mediapro ?

    Le départ de Mediapro va totalement redessiner la structure et le montant des droits télé perçus par les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. Dans l'affaire, la LFP pourrait perdre plusieurs centaines de millions d'euros jusqu'en 2024. Voici notre projection.

    C.O.-B. avec E. M. et A. H.mis à jour le 13 décembre 2020 à 14h51
     
     

    Combien va perdre le football français avec le fiasco Mediapro ? S'il est encore difficile de le dire avec précision, notamment parce que le montant versé par le futur détenteur des droits (probablement Canal +) n'est pas officiellement arrêté, il est possible d'en avoir un bon aperçu en comparant les revenus que devait toucher la LFP sur la période 2020-2024 et ceux qu'il peut espérer percevoir.

     

    Ce fiasco met évidemment les clubs français en grande difficulté. Très dépendants des droits télé surtout en l'absence d'autres recettes (billetterie, hospitalités) pendant la crise sanitaire, ils devaient se répartir la somme record de 1,232 milliard d'euros par saison jusqu'en 2024, grâce à Mediapro (828,6M€), au couple Canal + - beIN Sports (361,8M€) (*) et à Free (41,8M€). Au final, leurs revenus télé seront très éloignés de ces montants.

    Sur la saison actuelle, avant de faire défaut, Mediapro avait tout de même versé ses deux premières traites, en juillet et en août, pour un montant de 143,6 M€. Dans le cadre de la conciliation menée sous l'égide du tribunal de commerce de Nanterre, Vincent Labrune et son équipe se sont par ailleurs employés à limiter au maximum les pertes générées par le départ de Mediapro.

    Un manque à gagner de 585 M€ pour le football français

     

    L'ancien président de l'OM, qui dirige désormais la LFP, a notamment obtenu la promesse de paiement par le groupe sino-espagnol d'une indemnité d'un montant de 100 M€ : tout d'abord 64 M€ comme « condition préalable » au règlement de son litige avec la Ligue, puis une pénalité de 36 M€ à verser au premier semestre 2021.

    Au total, Mediapro devrait donc s'acquitter d'un paiement de 243,6 M€, très éloigné de ce qu'il avait promis lors de l'appel d'offres (828,6 M€ par an). Un manque à gagner pour le foot français de 585 M€ pour la saison 2020-2021.

    Canal + devrait cependant prendre le relais de Mediapro, une fois que la LFP aura récupéré ses droits. Comme L'Équipe l'a révélé, le diffuseur historique de la L1 serait prêt à formuler auprès de la Ligue une offre globale de 590 M€ par saison, une somme qui comprend les 330 M€ déjà versés par Canal + pour les deux matches de L1 qu'il diffuse actuellement.

    Canal + pourrait faire une avance

     

    Sur une saison, Canal + abonderait donc à hauteur de 260 M€ supplémentaires pour récupérer les droits auparavant détenus par Mediapro. Pour 2020-2021, sachant que la chaîne cryptée ne commencerait à diffuser ces matches supplémentaires qu'après la 17e journée, qui aura lieu le 23 décembre, cette somme serait sans doute ramenée au prorata de matches diffusés par Canal + (soit 21 journées), ce qui pourrait grosso modo correspondre à 143 M€. À sa proposition de 590 M€, Canal + pourrait par ailleurs ajouter un bonus de 100 M€ par saison, lié à une hausse éventuelle de ses abonnements.

    Au final, la LFP pourrait donc espérer toucher au maximum pour la saison 2020-2021 les 243,6 M€ de Mediapro, 573 M€ de la part de Canal + (les 330 M€ déjà prévus + les 143 M€ supplémentaires + les 100 M€ de bonus) et les 41,8 M€ de Free (à supposer que l'opérateur de téléphonie ne demande pas à renégocier le montant fixé lors de l'appel d'offres de 2018). Soit un total de 858,4 M€.

    Pour la LFP, ce serait une perte de 373,7 M€ par rapport au 1,2321 milliard d'euros par saison qu'elle avait obtenu en 2018. Consciente des difficultés économiques actuelles des clubs, la chaîne cryptée pourrait toutefois faire un geste pour la saison en cours, la plus compliquée, sous forme d'avance. Mais cette somme serait « prélevée » sur les droits à payer par Canal lors des trois saisons suivantes.

    Sur les 4,928 milliards d'euros obtenus en 2018 pour la période 2020-2024, il resterait 3,053 milliards

    Que Canal verse ou pas cette avance, la perte sera encore plus énorme pour les trois saisons suivantes, puisqu'il faudra alors retrancher aux recettes de la LFP les sommes versées cette année par Mediapro. Avec les 690 M€ de Canal + (en admettant que le bonus de 100 M€ soit intégralement acquis) et les 41,8 M€ de Free, le football professionnel français ne pourrait compter au maximum que sur 731,8 M€ de droits télé annuels. Très loin des 1,2321 milliard d'euros, avec une perte de 500,3 M€ par saison.

    Sur les saisons 2021-2022, 2022-2023, 2023-2024, les clubs devraient donc faire une croix sur 1,5 milliard d'euros. Et en ajoutant l'argent perdu sur la saison actuelle, ce serait au total 1,875 milliard d'euros en moins dans les caisses du football français. Sur les 4,928 milliards d'euros obtenus en 2018, il resterait 3,053 milliards. Une baisse de revenus de près de 38 %.

    Edited by hermann
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    J'ai quand même du mal à croire au bonus de 100 M versés par Canal+ en cas d'augmentation conséquente de ses abonnés.

    Il faudrait déjà savoir sur le nombre d'abonnés à Médiapro (480.000 ou 600.000) combien étaient déjà abonnés à Canal+/Beinsport.

    Actuellement tu dois avoir des offres à 25 euros par mois soit 300 euros à l'année. Donc 100 M : 300 euros ça fait environ 333.333 nouveaux abonnés, ça me parait difficilement réalisable.

    https://boutique.canalplus.com/produits/canal-plus-bein-sports-rmc-sport

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    Même sans Mediapro, la LFP aurait atteint le milliard d'euros pour les droits de la Ligue 1

    Si le groupe sino-espagnol n'avait pas participé à l'appel d'offres sur les droits de la L 1 pour la période 2020-2024, la LFP aurait tout de même atteint le milliard d'euros annuel.

    Etienne Moatti et Arnaud Hermant15 décembre 2020 à 21h51
     
     

    À l'issue de sa consultation sur les droits de la Ligue 1 (entre 2020 et 2024), en 2018, la Ligue de football professionnel avait obtenu un montant record de 1,153 milliard d'euros par an, soit une hausse de 60 % par rapport aux montants précédents (726,5 M€ annuels). Un score historique qui hissait le Championnat de France sur le podium européen des mieux rémunérés. Une réussite totale et inattendue due en grande partie à Mediapro, qui s'était adjugé 80 % des rencontres contre la promesse (jamais tenue) d'un chèque annuel de 780 M€.

    On sait ce qu'il en est advenu, puisque le groupe sino-espagnol a payé sa première échéance, le 5 août (135,1 M€), mais pas celle du 5 octobre (172,3 M€) ni la suivante, le 5 décembre (152,5 M€). S'en est suivie une difficile négociation entre Mediapro et la LFP, sous l'égide du tribunal de commerce de Nanterre, aboutissant à un accord entre les deux parties qui doit normalement être validé jeudi par la justice. Il prévoit que le groupe sino-espagnol rende ses droits et règle une indemnité de départ de 100 M€. D'abord 64 M€ dans les plus brefs délais, puis 36 M€ au premier semestre 2021. La LFP devra ensuite trouver très vite une solution alternative, avec des montants qui seront sans doute presque divisés par deux.

    140 millions d'euros d'écart

    Dans cette affaire, la Ligue a d'autant plus été flouée qu'elle aurait pu se passer de Mediapro pour atteindre des revenus télévisés sans précédent. Lors de la journée d'enchères du 29 mai 2018, si on retient les meilleures offres remises par les candidats, sans prendre en compte celles de Mediapro, on atteint en effet 1,011 milliard d'euros par an. Dans le détail, Canal + aurait été attributaire du lot 1 (match du dimanche soir incluant les dix meilleures affiches) pour 260 M€ et du lot 4 (match du dimanche 13 heures et multiplex de quatre matches du dimanche 15 heures) pour 170 M€ (*).

    Le lot 2 (matches du vendredi 21 heures et du samedi 17 heures) serait revenu à beIN Sports pour 110 M€, comme le lot 3 (matches du samedi 21 heures et du dimanche 17 heures) pour 140 M€, le lot 5 (Trophée des champions et multiplex des journées 19, 37, 38, plus les barrages L 1 - L 2) pour 5 M€ et le lot 7 (magazines du lundi et du jeudi) pour 4 M€.

    Free aurait eu, comme aujourd'hui, le lot 6 (extraits de matches en quasi-direct pour les mobiles) pour 42 M€. À ces montants, il faut ajouter, comme c'était prévu dans l'appel d'offres, des sommes automatiques (280 M€ au total) en fonction de la priorité des diffuseurs pour choisir leurs rencontres. À l'arrivée, on arrive donc à ce montant total de 1,011 milliard d'euros, pas si éloigné de celui (1,153 milliard) qui a ébloui les dirigeants du football français au printemps 2018. La LFP aurait aujourd'hui deux diffuseurs solvables (Canal + et beIN Sports) et des droits en très forte augmentation. La surenchère de Mediapro, qui s'est dérobé après un mois et demi de compétition après avoir signé un contrat de quatre ans, n'a pas permis cette issue.

    (*) La chaîne cryptée a été poussée à bien valoriser ce lot 4 pour ne pas tout perdre et ne l'aurait peut-être pas fait si les lots précédents ne lui avaient pas échappé. Mais de toute façon, beIN Sports avait fait une offre de 120 M€ pour ce lot.

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    Mediapro paye l'indemnité de 64 millions d'euros, condition à l'accord de fin de conflit avec la LFP

    Le groupe sino-espagnol a réglé son « indemnité » de 64 millions d'euros à la LFP. L'accord prévoyant que la Ligue récupère ses droits pourra donc être validé jeudi par la justice.

    Etienne Moatti et Arnaud Hermantmis à jour le 16 décembre 2020 à 19h17
     
     

    Au vu des événements récents, le soulagement est énorme. Selon nos informations, Mediapro a payé à la Ligue de Football Professionnel (LFP) la première tranche de l'indemnité fixée dans l'accord passé entre les deux parties sous l'égide du tribunal de commerce de Nanterre.

     

    Le groupe sino-espagnol a cette fois-ci honoré ses engagements en versant à la LFP, par l'intermédiaire de la justice, les 64 millions hors taxes (76,8 millions d'euros TTC) prévus dans le « deal ». Le versement de cette somme était un préalable pour que le tribunal de commerce de Nanterre étudie, jeudi en fin d'après-midi, la solution de sortie de crise entre les deux camps, prévoyant que Mediapro rende ses droits sur le Championnat de France (830 millions d'euros annuels, entre 2020 et 2024, pour 80 % de la L1 et de la L2) sans être inquiété. Il est ensuite prévu un autre versement de 36 millions d'euros hors taxes (43,2 millions d'euros TTC) au premier trimestre 2021.

    Très discret, Canal+ pourrait formaliser une première proposition

    Mediapro qui paye ce qu'il doit, la LFP avait perdu l'habitude. On le sait, le nouvel entrant, qui devait permettre au football français de dépasser le milliard d'euros de recettes télévisées annuelles (1,231 milliard d'euros exactement, au total), tout en révolutionnant les retransmissions, a surtout été un très mauvais payeur. Car s'il a bien réglé sa première échéance, le 5 août dernier (135,1 millions d'euros), il a tout stoppé ensuite et ne s'est pas acquitté de celle du 5 octobre (172,3 millions d'euros) ni de la suivante, le 5 décembre (152,5 millions d'euros).

    Maintenant, le tribunal de commerce va donc pouvoir étudier l'accord passé avec la Ligue. Et très vraisemblablement le valider. Car s'il en était autrement, les clubs professionnels français, déjà très mal en point, ne s'en relèveraient pas pour la plupart. Dès vendredi, la Ligue va donc pouvoir entrer en négociation de gré à gré avec un diffuseur solvable capable de prendre le relais.

    Très discret depuis plusieurs jours, le groupe Canal+ pourrait formaliser une première proposition faite oralement il y a déjà plusieurs semaines : autour de 590 millions d'euros par an, plus environ 100 millions de bonus liés à une hausse éventuelle du nombre de ses abonnements. Et la possibilité de faire un geste pour la saison en cours (la plus compliquée, financièrement, pour les clubs), sous forme d'avance. Ces montants en forte baisse ne satisfont pas pleinement la Ligue, qui mesure néanmoins ne pas être en position de force.

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    La LFP saura mardi pour la médiation avec Mediapro

    Le tribunal dira mardi s'il valide l'accord entre la LFP et Mediapro. Si c'est le cas, le diffuseur rendra ses droits TV, mais pourra poursuivre, en cas de besoin, les retransmissions sur Téléfoot jusqu'à fin janvier.

    Etienne Moatti et Arnaud Hermant17 décembre 2020 à 21h44
     
     

    Cette fois, le bout du tunnel est vraiment proche. Jeudi après-midi, le tribunal de commerce de Nanterre a étudié l'accord intervenu, en fin de semaine dernière, entre la LFP et Mediapro, son principal diffuseur (830 M€ annuels, entre 2020 et 2024, pour 80 % de la L1 et de la L2), qui n'a pas réglé sa traite du 5 octobre (172,3 M€) ni la suivante, le 5 décembre (152,5 M€).

    Le « deal » entre les parties prévoit que le groupe sino-espagnol rende ses droits et règle une « indemnité » de départ de 100 M€. D'abord 64 M€, « condition préalable à l'homologation du contrat », qui ont bien été versés par Mediapro, puis 36 M€ au premier semestre 2021. Cette solution de sortie de crise a été examinée pendant plus de deux heures par le tribunal de commerce.

    Dans la salle d'audience étaient présents Vincent Labrune et Arnaud Rouger, respectivement président et directeur général exécutif de la LFP, tout comme Jaume Roures, le président de Mediapro, et Julien Bergeaud, en charge de la chaîne Téléfoot. Les avocats des deux camps ont défendu le dossier, ainsi que Marc Sénéchal, le conciliateur nommé par la justice, qui a beaucoup oeuvré pour sortir le football français de l'impasse dans laquelle il se trouve. Le parquet a aussi fait valoir sa position. Et les juges vont maintenant délibérer.

    Selon nos informations, la décision du tribunal de commerce sera rendue mardi 22 décembre. A priori, elle devrait être favorable. Mais il ne s'agit pas d'une formalité, comme l'a expliqué, le 11 décembre, Marc Sénéchal aux membres du conseil d'administration de la Ligue. Les juges sont en effet souverains et ne se laissent pas dicter leur conduite. Même si au vu de la situation actuelle, un refus de la justice de valider une solution permettant à la LFP de se mettre en quête d'un diffuseur solvable équivaudrait à placer de nombreux clubs professionnels en situation de faillite.

    Pas de risque d'écran noir

    Si l'accord est bien validé, la Ligue pourra immédiatement entamer des négociations de gré à gré avec un diffuseur capable de prendre le relais de Mediapro. Le groupe Canal+ est la cible principale, voire la seule. Ses dirigeants avaient formulé oralement une première proposition il y a déjà plusieurs semaines : autour de 590 M€ par an, plus environ 100 M€ de bonus liés à une hausse éventuelle du nombre des abonnements. Et la possibilité de faire un geste pour la saison en cours (la plus compliquée pour les clubs), sous forme d'avance. Ces montants en forte baisse ne satisfont pas pleinement la Ligue, qui va sans doute essayer d'obtenir une petite rallonge.

    En attendant, il n'y a pas de risque d'écran noir car, dans l'accord entre la LFP et Mediapro, il est prévu que Téléfoot poursuive les retransmissions jusqu'au 31 décembre. Et même jusqu'au 31 janvier 2021 si la LFP en a besoin. En revanche, dès qu'elle aura trouvé une solution de rechange, tout s'arrêtera pour Téléfoot.

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    Ce que Canal+ a proposé à la LFP pour récupérer les droits de la Ligue 1

    Canal+ a formulé une proposition orale à la LFP pour reprendre les droits de la Ligue 1 jusqu'en 2024, après l'accord de séparation avec Mediapro. En voici les détails.

    Etienne Moatti et Arnaud Hermant24 décembre 2020 à 16h57
     
     

    Après l'homologation par le tribunal de commerce de Nanterre de son accord de séparation avec Mediapro, la Ligue attend désormais la concrétisation de ses premiers échanges avec le groupe Canal+. Comme révélé dans L'Equipe, la société présidée par Maxime Saada a formulé, il y a déjà plusieurs semaines dans les discussions avec la LFP, une offre globale (pas concrétisée par écrit) pour récupérer l'ensemble des droits de la Ligue 1. Dans le détail, selon nos informations, elle propose 590 millions d'euros par saison jusqu'en 2024, plus 100 millions annuels de bonus éventuels.

     

    490 millions d'euros par saison plus un bonus garanti de 100 millions

    L'offre se décompose ainsi : 490 millions d'euros pour les matches (les meilleures affiches) programmés sur Canal+, auxquels s'ajoute un minimum garanti de 100 millions d'euros pour une chaîne destinée à remplacer Téléfoot, l'antenne lancée par Mediapro qui va bientôt s'arrêter. Et aussi un bonus éventuel de 100 millions d'euros en fonction du succès de cette chaîne amenée à retransmettre le gros des rencontres de Ligue 1. Le groupe Canal+ serait également disposé à consentir une avance de 200 millions d'euros à la LFP pour la saison 2020-2021, très compliquée financièrement pour les clubs qui font face à la pandémie de Covid-19 et à la défaillance de Mediapro. Cette somme serait ensuite déduite des versements prévus lors des trois saisons suivantes.

    La chaîne qui doit remplacer Téléfoot pourrait être beIN Sports

    Le « diffuseur historique » de la L1 avait agi de la sorte, la saison dernière, avec la Ligue nationale de rugby. En dépit de l'arrêt du Top 14, Canal+ a tout de même réglé à la LNR la dernière traite de 14,3 millions d'euros hors taxes (17,16 millions d'euros TTC) prévue dans son contrat. Cette somme doit être déduite des versements de Canal+ sur les saisons suivantes.

    Dans le futur schéma de retransmission du Championnat de France, la chaîne qui doit remplacer Téléfoot pourrait tout simplement être beIN Sports, aujourd'hui distribuée en exclusivité par Canal+. Dans cette hypothèse, ce serait donc beIN Sports qui réglerait à la LFP le minimum garanti de 100 millions d'euros et les éventuels bonus (évalués à 100 millions d'euros) en cas de succès.

    La LFP a jusqu'au 31 janvier pour essayer d'améliorer les conditions de la proposition

    Mais, pour l'heure, les discussions entre Canal+ et beIN Sports ne semblent pas avoir abouti, ce qui pourrait ralentir l'opération et la formalisation d'une offre globale au football professionnel français. La LFP souhaite évidemment aboutir à une solution assez rapide, mais ne veut pas non plus se précipiter avant d'accepter un accord qui va l'engager pour plus de trois saisons. Le « deal » signé avec Mediapro prévoit que Téléfoot continue de retransmettre jusqu'au 31 janvier 2021 en cas de besoin, dans l'attente d'un nouveau diffuseur. La Ligue a donc encore un peu de temps pour tenter d'obtenir des conditions un peu améliorées par rapport à la proposition orale qui lui a été faite.

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    Médias : Stéphane Guy viré de Canal+ pour avoir parlé

    Stéphane Guy a été licencié jeudi pour avoir adressé un message amical à l'antenne à l'humoriste Sébastien Thoen, lui-même évincé de Canal+ pour un sketch sur CNews. Une décision brutale qui met le service des sports en émoi.

    Sacha Nokovitch24 décembre 2020 à 18h32
     
     

    « Citoyennes, citoyens, au revoir ». Stéphane Guy aurait sûrement aimé faire ainsi ses adieux aux abonnés de Canal+ au terme d'ultimes minutes de bonheur en plus. Il n'en aura pas l'occasion. Sa direction a annoncé, jeudi, au commentateur phare de la Ligue 1 et de la Premier League (qui n'a pas souhaité s'exprimer) son licenciement après vingt-trois ans de bons et loyaux services. Il devrait recevoir sous peu le courrier recommandé précisant le motif de cette décision. Viré pour s'être montré « déloyal » envers son employeur, c'est vraisemblablement la raison qui sera avancée pour justifier d'une telle sanction.

     

    Le 9 décembre, Stéphane Guy (50 ans) avait d'abord appris sa mise à pied pour avoir rendu un hommage discret à Sébastien Thoen. Quatre jours plus tôt, avant le coup d'envoi de la seconde période de Montpellier-PSG (1-3), il avait adressé un message amical à l'humoriste, ex-chroniqueur du Canal Sports Club et ancien présentateur du Journal du Hard, éjecté de Canal+ pour avoir participé, sur le site Winamax, à une parodie de L'Heure des pros, l'émission à succès de CNews, la chaîne info du groupe Canal +.

    Thoen y incarnait Lionel Messiha, une caricature de Jean Messiha, chroniqueur de l'émission de débats et ancien membre du Rassemblement national, tandis que son acolyte de toujours et ancien de la maison Canal, Julien Cazarre, parodiait le présentateur Pascal Praud.

    « Je veux saluer l'ami Sébastien Thoen qui n'a pas eu la sortie qu'il aurait méritée, avait simplement déclaré Stéphane Guy avec des mots justement préparés en amont pour éviter tout reproche. On lui souhaite bon vent. On sait que le bel esprit de Marie Portolano (animatrice du CSC) permettra d'assurer la continuité dans le Canal Sports Club. Il n'y a pas de doute là-dessus. » Avant de citer Coluche, « l'un des fondateurs de notre belle chaîne : il faut se méfier des comiques parce que quelquefois, ils disent des choses pour plaisanter. »

    « Vincent Bolloré veut clairement peser dans l'élection présidentielle de 2022, notamment grâce à CNews. Et tout ce qui peut entraver cette stratégie, tout ce qui touche à sa chaîne info, à son jouet, ça ne passe pas »

    Un délégué du personnel de Canal+

     
     
     

    Ces mots allaient surtout irriter Vincent Bolloré, l'actionnaire principal de Vivendi, la maison-mère de Canal +. La veille, le milliardaire breton avait déjà peu goûté au communiqué envoyé par la Société des journalistes (SDJ) à propos du licenciement de Thoen. « Nous nous indignons contre cette éviction, écrivait-elle dans un courrier signé par 150 employés. Les signataires de ce communiqué sont attachés à la liberté d'expression, de caricature et de parodie, pour tous les collaborateurs du groupe, dans le respect des limites fixées par la loi. Nous revendiquons le droit d'exercer nos métiers sans craindre d'être licencié, écarté, inquiété si ce que nous disons, écrivons, déplaît à notre direction. »

    Parmi les nombreux signataires, on retrouvait notamment Marie Portolano, Habib Beye, Laurie Delhostal, David Berger, Sidney Govou, Jessica Houara ou encore Nicolas Tourriol... 48 l'avaient signé anonymement. Stéphane Guy, lui, ne l'avait pas fait, ne paraphant jamais, par principe, de pétition. Il avait donc utilisé son micro... Impensable pour l'actionnaire principal. « Vincent Bolloré veut clairement peser dans l'élection présidentielle de 2022, notamment grâce à CNews, commente un délégué du personnel de la chaîne. Et tout ce qui peut entraver cette stratégie, tout ce qui touche à sa chaîne info, à son jouet, ça ne passe pas. Il n'y a pas d'ironie autour de cela, il veut rappeler qui est le maître à bord. Et pour cela, il est sans pitié. »

    La référence au Canal de l'époque Coluche aurait aussi été peu appréciée... « L'actionnaire a en horreur tout ce qui touche à l'ADN du Canal historique », témoigne un salarié, rappelant la suppression des marques telles que Les Guignols de l'info ou le Zapping depuis la prise de contrôle de Bolloré, en 2015.

    « On vient découvrir qu'on travaillait au sein d'une dictature. Si t'es en Corée du Nord, tu réagis comment ? »

    Un journaliste de Canal+

     
     
     

    Du côté de la direction de Canal+, depuis le début de « l'affaire Thoen », c'est silence radio... ou presque. Maxime Saada se tient éloigné du dossier. Seul Gérald Brice-Viret, directeur général des antennes, s'est expliqué sur Europe 1 : « C'est au-delà du sketch. Sébastien s'est affiché avec une personne qui dénigre constamment Canal + (il faisait référence à Julien Cazarre sans le nommer). Ça veut dire quelque part :''Je confirme les propos, je suis d'accord avec ces propos." Et bien, nous, on n'accepte pas de dénigrer les équipes de Canal +. » Ce n'était pourtant pas la première fois que Thoen collaborait avec Winamax, l'un des annonceurs importants de la chaîne par ailleurs, ni la première fois qu'il apparaissait au côté de Julien Cazarre.

    23
    Le nombre d'années passées par Stéphane Guy à Canal +. Il avait été embauché en 1998 par Michel Denisot, alors directeur des sports de la chaîne cryptée.

    À Stéphane Guy, avant de lui reprocher « une prise en otage » de l'antenne via son message à Thoen, la direction des sports avait déjà reproché deux « écarts » en début de saison. Le 10 septembre, il avait reçu un blâme pour son message ironique en ouverture de Lens-PSG (1-0) : « Il est 21 heures à Lens, 21 heures à Ibiza », une référence aux Parisiens positifs au Covid-19 après leur séjour aux Baléares et absents ce soir-là. Une autre remarque lâchée avec humour, un après-midi de Premier League - il avait qualifié de « cagibi » le petit studio utilisé exceptionnellement pour l'émission Match of ze Day -, aurait également déplu.

    Le 18 décembre dernier, face à sa DRH qui l'avait convoqué et au directeur des sports Thierry Cheleman, il a tenté de se défendre, accompagné d'Hervé Mathoux. Il n'a pas été entendu, la sanction est tombée et la rédaction des sports, qui compte près de deux cents personnes, est atterrée. « On vient de découvrir qu'on travaillait au sein d'une dictature. Si t'es en Corée du Nord, tu réagis comment ? », commentait, désolé, un journaliste. D'où des hésitations sur l'attitude à adopter.

    Lors des évènements de mai 68, Robert Chapatte, Roger Couderc et Thierry Roland, entre autres, avaient, eux, été virés de l'ORTF pour délit d'opinion

    Les fêtes de Noël ne favorisent pas l'organisation d'un mouvement de révolte collectif. Certains craignent aussi une division du service : « Il y a ceux qui voudront aller au feu et ceux qui penseront que c'est trop dangereux et surtout que ça ne servira à rien. »

    Si l'ambiance était déjà lourde, elle est devenue étouffante dans un climat social tendu où les plans de restructuration se multiplient dans les médias et alors que la chaîne Téléfoot va bientôt fermer, laissant une cinquantaine de journalistes sur le carreau. « Si l'actionnaire veut se séparer de cent personnes, même deux cents s'il le faut, il le fera. Et les journalistes de sport sur le marché, en ce moment, ce n'est pas ce qui manque. Il l'a fait à I-Télé, pourquoi ne recommencerait-il pas ? »

    La grève d'un mois, fin 2016, de la rédaction d'ITélé (future CNews) qui demandait notamment des garanties d'indépendance, s'était soldée par le départ « volontaire » de 80 journalistes sur 130. Lors des évènements de mai 68, Robert Chapatte, Roger Couderc et Thierry Roland, entre autres, avaient, eux, été virés de l'ORTF pour délit d'opinion. Cinquante-deux ans plus tard, un journaliste de sport vient de subir le même sort pour la même raison : la liberté d'expression.

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    tout simplement écœurant, Canal+ c'est terminé,

    en remplacement de la créativité qui a fait les belles heures de Canal, on a désormais la peur dans les rangs, bon courage à ceux qui y travaillent et n'ont pas le choix........

    Quand je lis ça, je me tape sur l'épaule pour me remercier de ne plus vivre ce manque d’humanité de certaines entreprises françaises.....

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