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Planète Clermont

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2021, année cruciale pour la répartition des droits TV

L'an passé a réservé son lot de surprises, plutôt mauvaises, dans le PAF sportif. Cette nouvelle saison compte aussi de nombreux enjeux.

Sacha Nokovitchmis à jour le 1 janvier 2021 à 21h13
 
 

Le transfert des droits de Mediapro

C'est l'urgence de ces prochains jours. Le fiasco Mediapro a abouti le 22 décembre à une rétrocession des droits Ligue 1 et Ligue 2 de la chaîne Téléfoot (80 % de chaque Championnat) à la Ligue de football professionnel (LFP). Cette dernière peut désormais négocier de gré à gré avec un ou plusieurs diffuseurs repreneurs. Le tout en essayant de s'approcher des 830 millions d'euros par saison qu'avait promis Mediapro jusqu'en 2024. Un challenge de taille d'autant que le principal interlocuteur est aujourd'hui le seul groupe Canal +, associé désormais à beIN Sports par un contrat de distribution. Mais la chaîne cryptée n'est pas pressée de boucler l'affaire et n'a formulé jusqu'ici qu'une estimation orale révélée par L'Équipe.

Elle serait de l'ordre de 490 M€ pour les matches (les meilleures affiches) programmés sur Canal +, auxquels s'ajoute un minimum garanti de 100 M€ pour une chaîne destinée à remplacer Téléfoot et enfin 100 M€ liés au succès de cette dernière. Le groupe dirigé par Maxime Saada serait néanmoins prêt à laisser patienter un moment la LFP, en partie dans l'attente d'une intervention politique. En effet, Canal + espère toujours des avancées sur ses demandes récurrentes sur l'audiovisuel et le financement du cinéma, comme un allégement de la TVA qu'il aimerait voir revenir à son taux d'avant 2012 (soit 7 % contre 10 % aujourd'hui).

Qui pour les grands Championnats européens ?

Bundesliga, Liga et Serie A... ces droits, détenus par beIN Sports, arrivent à échéance à la fin de cette saison. La chaîne franco-qatarienne ne devrait a priori pas souffrir de la concurrence sur ces trois dossiers. Téléfoot fermera ses portes ces prochaines semaines, Eurosport ne se positionne plus depuis de longues années sur les droits du foot européen en France et RMC Sport a mis un frein sur les droits exclusifs.

Reste à savoir si une plateforme comme DAZN, fraîchement installée sur notre territoire, pourrait s'intéresser à l'un de ces Championnats pour se tester sur le marché français. La Liga ne sera pas non plus le droit le plus facile à renégocier pour l'actuel diffuseur français : le Championnat espagnol est commercialisé à l'international par Mediapro, en froid avec beIN Sports.

S'adapter à un marché en décroissance

L'été dernier, les droits du foot allemand (1,1 Md€ par saison pour 2021-2025) ont baissé pour la première fois depuis 2002. Une chute de 5 % après avoir affiché une hausse de 85 % en 2016. Une décroissance comparable à celle de la Premier League qui, après avoir réalisé deux fois d'affilée + 70 % (en 2012 et en 2015), avait constaté une baisse d'environ 8 % en 2018 pour son cycle actuel (1,7 Md€ par an). Voilà pourquoi Christian Seifert, le président de la Ligue allemande (DFL), se disait soulagé malgré la baisse... « Ce résultat n'aura pas à souffrir de la comparaison avec celui des autres grandes Ligues lorsqu'elles vendront leurs droits. »

La renégociation en France pour le Championnat mais aussi pour la Coupe de France (2022), ainsi que les prochains appels d'offres à venir pour l'Italie, l'Espagne ou l'Angleterre sont attendus pour acter définitivement cette décroissance. Quant aux autres sports, comme le basket et l'athlétisme français qui chercheront cette année de nouveaux diffuseurs, l'enjeu est désormais d'être visible, avant même d'envisager des revenus télé.

France Télé en quête d'une figure féminine

Delphine Ernotte l'a annoncé à la rentrée dans Télérama à l'entame de son deuxième mandat, le service des sports de France Télévisions ne compte que trop peu de femmes et cela doit changer. La présidente aimerait des incarnations féminines pour les différents programmes, notamment pour la présentation des Jeux Olympiques 2024. Approchées ces dernières années, Isabelle Ithurburu, Mary Patrux et Laurie Delhosthal n'avaient pas donné suite... Une explication : la faible rémunération proposée par le service public. En attendant, la rédaction en chef des magazines du service des sports pourrait revenir à une femme. Un recrutement à un poste à responsabilité qui serait déjà un premier signal envoyé après le traumatisme de l'affaire Clémentine Sarlat (*).

(*) En avril, dans nos colonnes, Clémentine Sarlat rapportait des faits de sexisme et de harcèlement moral au sein du service des sports de France Télé, avant son départ du groupe à l'été 2018. L'enquête interne lancée par la présidence a recueilli 115 témoignages et a entraîné le licenciement de trois journalistes. 

TF1 et M6 dans la danse pour la Coupe du monde de rugby 2023

Contrairement au dernier Mondial de rugby, ce n'est pas l'agence mondiale IMG qui commercialise cette fois les droits mais World Rugby lui-même. La mise sur le marché des droits de la compétition organisée en France devrait intervenir cette année. Outre le diffuseur historique TF1, M6 s'est également déclaré intéressé. France Télévisions, qui a déjà programmé une dépense de 130 M€ pour les JO 2022 et 2024, ne devrait pas se positionner. Reste à savoir si Canal + rachètera l'intégralité de la compétition pour le payant ou si elle s'abstiendra comme lors de l'édition 2019.

Un accord entre Canal + et RMC Sport pour la Ligue des champions ?

Avec son nouvel investissement probable dans les droits de la L1, Canal+ va devoir trouver le moyen de réduire son coût de grille pour la saison prochaine. Parmi les solutions envisagées depuis plusieurs semaines, le partage de la facture des deux meilleures affiches de Ligue des champions acquises pour la période 2021-2024 (310 M€ par saison). Un système similaire à celui opéré dans la codiffusion de la Premier League avec RMC Sport et justement avec le même partenaire.

Les discussions sont bien entamées entre Canal+ et Altice, la maison mère de RMC Sport, qui pourraient aboutir à une codiffusion complète des deux affiches. Mediapro, de son côté, devra trouver un nouvel acquéreur pour les droits de la Ligue Europa et de la nouvelle Ligue Europa Conférence (hors meilleure affiche détenue par W9 et Canal +) que le groupe catalan a acquis sur la même période pour Téléfoot. Il lui reste un semestre pour trouver un repreneur suite à la fermeture prochaine de sa chaîne.

UFC et Bellator cherchent toujours des diffuseurs

Le groupeM6 s'est offert une saison de Cage Warriors, l'antichambre de l'UFC, pour tester le MMA sur sa plateforme numérique 6play. En revanche, les puissantes ligues UFC et Bellator n'ont toujours pas trouvé de chaînes françaises pour l'année 2021 malgré la récente autorisation de diffusion accordée par le Conseil supérieur de l'audiovisuel.
Concernant l'UFC, le diffuseur historique RMC Sport (grâce à son signal émis depuis le Luxembourg) aurait fait une petite offre pour les droits, espérant être seul à en formuler une. Le Bellator pense pouvoir boucler un accord d'ici à la fin du mois et assure être actuellement en discussions avec « quatre chaînes françaises ».

 

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Arnaud Hermant et Etienne Moattimis à jour le 6 janvier 2021 à 22h34
 
 

Il est assez aisé d'imaginer le voeu formulé, à l'occasion de cette nouvelle année, par les dirigeants de clubs français : trouver un nouveau diffuseur au plus vite afin de suppléer Mediapro, sur le départ depuis l'homologation d'un accord de sortie par le tribunal de commerce de Nanterre le 22 décembre. Le groupe sino-espagnol détenait les droits des lots 1, 2 et 4 de L1, plus 8 matches sur 10 de L2, jusqu'en 2024, pour un montant annuel de 830 millions d'euros. Mais comme il n'a pas réglé les échéances d'octobre (172,3 M€) et de décembre (152,5 M€), il a été contraint de se retirer. Et a accepté de verser 100 M€ à la Ligue (64 M€ en décembre et 36 M€ lors du premier semestre 2021) en échange de ne pas être poursuivi en justice.

 
 

Cette étape franchie, certains s'imaginaient que Vincent Labrune, le président de la Ligue, conclurait rapidement avec le successeur de Mediapro, qui continuera de diffuser la L1 et la L2 tant qu'aucun remplaçant ne sera trouvé. Un accord conclu avec la LFP va permettre à Canal+ de codiffuser avec Téléfoot, la chaîne de Mediapro, le Trophée des champions entre le PSG et l'OM, mercredi prochain. Mais il ne présage de rien pour la suite, même si la Ligue a fait un geste envers la chaîne cryptée en lui accordant cette rencontre de prestige, alors que M6 était également sur les rangs pour une retransmission en clair.

Canal + seulement attaché à l'affiche du dimanche soir

Plutôt que de conclure au plus vite, Labrune ne souhaite pas se précipiter afin de ne pas signer un « deal » défavorable qui engagera le football français pour plus de trois saisons. De toute façon, Canal+, annoncé comme le suppléant désigné, ne montre pas d'empressement à prendre le relais. La chaîne cryptée propose déjà deux matches de L1 lors de chaque journée, pour 330 M€ annuels. Et ça lui va bien. Pour son état-major, seule l'affiche du dimanche soir doit forcément revenir sur son antenne pour un prix qu'elle estime à environ 100 M€.

Canal+ aimerait que son partenaire beIN Sports récupère le reste et mette un peu la main à la poche (près de 100 M€). L'offre verbale de Canal+, dévoilée le 24 décembre par L'Équipe, la seule à ce jour formulée à la Ligue, était de 590 M€, plus 100 M€ de variable en fonction du nombre d'abonnés gagnés. Mais pour l'instant, le groupe présidé par Maxime Saada ne semble pas vouloir mettre une telle somme tout seul et fait donc appel à beIN Sports, qui se montre toujours réticent.

« Canal veut reconstituer sa position monopolistique »

Un analyste des marchés de droits télé

 
 
 

Un participant du dossier estime qu'il ne faut pas attendre d'avancées dans les négociations « avant la seconde partie du mois de janvier, sans exclure même qu'elles ne se prolongent en février ». Le choc OM-PSG en Championnat, prévu le dimanche 7 février, est évoqué comme possible bascule entre l'ancien et le nouveau diffuseur. Labrune a prévenu les clubs que les tractations seraient longues, une nouvelle qui a de quoi les contrarier alors que leurs finances sont déjà dans le rouge vif en raison de la baisse de leurs recettes liée à la crise sanitaire.

Selon certaines sources, Canal+ et son actionnaire Vincent Bolloré feraient traîner les choses afin d'obtenir de l'État des compensations dans d'autres domaines (baisse de la TVA et de sa contribution au financement du cinéma français). Le gouvernement, comme l'espèrent les clubs, va-t-il s'en mêler pour aider le football ? Pour l'heure, il ne bouge pas beaucoup...

« En négociant avec beIN et en faisant de même avec RMC Sport déjà pour codiffuser une partie de la Ligue des champions la saison prochaine, Canal vise un seul objectif : créer des alliances de fait avec des potentiels concurrents, pense un analyste des marchés de droits télé. Et ce afin de reconstituer sa position monopolistique sur les droits du foot en France comme dans les années 1980. Ce qui les ferait baisser automatiquement. » Si tel était le cas, ce serait une mauvaise nouvelle de plus pour les clubs pro.

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Les journalistes de Téléfoot comme les «membres de l'orchestre du Titanic»

Victime de la défaillance de son actionnaire, Mediapro, Téléfoot est sur le point de fermer. En attendant que la LFP trouve un autre diffuseur, la rédaction continue de tenir l'antenne.

Francois-Guillaume Lemouton et Sacha Nokovitchmis à jour le 8 janvier 2021 à 17h52
 
 

Pour la cinquantaine de journalistes de Téléfoot, c'est déjà l'heure de la fin de saison. Cette semaine, les commentateurs de la chaîne ont appris qu'ils travailleraient peut-être encore le 23 janvier, jour de la 21e journée de Ligue 2, en découvrant leurs plannings. Qu'ils travailleraient, peut-être... Depuis le jour où Julien Bergeaud, le directeur général de Mediapro France, propriétaire de Téléfoot, a annoncé à sa rédaction la fermeture de la chaîne, le 11 décembre, tous savent que leurs jours là-bas sont comptés.

Incapable de payer les 830 millions d'euros promis pour devenir le principal diffuseur du foot français durant quatre ans (80 % de la Ligue 1 et de la Ligue 2 entre 2020 et 2024), leur actionnaire espagnol a accepté de rendre à la Ligue de football professionnel (LFP) les droits qu'il lui avait achetés deux ans plus tôt, mettant un terme à un conflit démarré au début du mois d'octobre.

Quand les salariés de Téléfoot ont quitté leurs bureaux de la porte d'Aubervilliers pour les vacances de Noël, ils n'étaient déjà pas très sûrs de trouver une antenne encore ouverte en revenant dans leur immeuble de la banlieue nord. Depuis que le Tribunal de commerce de Nanterre a validé l'accord passé entre la LFP et Mediapro, le 22 décembre, Téléfoot est censé maintenir une diffusion des matches, théoriquement jusqu'au 31 janvier, et peut-être au-delà, afin de laisser à la Ligue le temps de trouver un accord avec un autre diffuseur. Une fois le successeur trouvé - sans doute Canal+ ou beIN Sports - Téléfoot s'arrêtera.

« On n'a rien réduit en termes de qualité, d'envoi de reporters, de chargés de prod, pas moins de caméras... Pour moi, ce n'est pas possible autrement... Sinon on ferme la lumière et on s'arrache »

Jean-Michel Roussier, directeur éditorial de Téléfoot

 
 
 

Le 23 décembre, Thibault Le Rol, le présentateur du multiplex de la 17e journée a pris l'antenne en prévenant les abonnés de la chaîne que ce « Multi Ligue 1 » était « peut-être le dernier ». Ce soir-là, le jeune présentateur, 31 ans, avait comparé les « quelque 400 personnes » assurant la retransmission de la soirée, aux « membres de l'orchestre du Titanic » : « Vous savez ceux qui continuent de jouer jusqu'à ce que ça coule. » La 19e journée de Ligue1 arrive ce soir et l'orchestre joue toujours. « C'est une première de continuer à diffuser dans ce contexte-là, c'est assez particulier, raconte Le Rol. On vit la situation au jour le jour, on essaye de faire fi des perspectives et de cette annonce pour le moins originale et inattendue pour nous. »

Une minute de silence


Malgré les difficultés financières de l'actionnaire, la chaîne continue de fonctionner normalement. « On n'a rien réduit en termes de qualité, d'envoi de reporters, de chargés de prod, pas moins de caméras, exactement le même plan de charge que depuis le début, affirme le directeur éditorial de Téléfoot, Jean-Michel Roussier. Pour moi, ce n'est pas possible autrement... Sinon on ferme la lumière et on s'arrache... Non, on ne va pas dégrader. »

En signant cet été à Téléfoot, la cinquantaine de journalistes de la rédaction s'imaginait avoir décroché un travail pour au moins quatre ans, la durée du contrat entre Mediapro et la Ligue. Ils sont désormais à quelques semaines de rejoindre Pôle Emploi. À moins de faire partie des quelques chanceux qui réussiront à se placer chez le futur repreneur des droits de la LFP. Pour exprimer son ressentiment, la rédaction de la chaîne s'est contentée d'une sobre minute de silence, au début des matches de la 17e journée de Ligue 1, ainsi que d'un message lu à l'antenne par les présentateurs des multiplex de L1 et de L2, Thibault Le Rol et Smaïl Bouabdellah. En substance, les journalistes de Téléfoot stigmatisaient l'attitude de leur employeur, mais aussi celle de la Ligue et du conciliateur nommé par le tribunal de Nanterre, réduisant la disparition de leur rédaction à un « petit dommage collatéral ». Ils ne sont pas allés plus loin. « On ne va pas faire n'importe quoi. On montre notre professionnalisme et c'est ce qui me fout le plus les boules... De voir une si bonne rédaction se retrouver dans la panade », glisse Thibault Le Rol.

« On prend ce qu'il y a à prendre »

Jenny Demay, journaliste à Téléfoot

 
 
 

Pour les jeunes journalistes de la rédaction (34 ans de moyenne d'âge), il s'agit de préserver leur image, mais pas seulement. « Vis-à-vis des clubs, c'était la moindre des choses de continuer le boulot, c'est ce que je souhaitais en tous les cas », explique Jean-Michel Roussier. Le conflit financier opposant Téléfoot à la LFP a créé quelques tensions sur le terrain. Les Girondins de Bordeaux ont part exemple annulé au dernier moment un duplex prévu à l'antenne. Mais les journalistes de Téléfoot restent globalement bien accueillis dans les clubs. « Les quelques fois où il y a eu des micro-éclats, cela s'est résolu en une heure », assure Roussier.

Pour les dernières semaines de Téléfoot, plusieurs journalistes affectés au siège ont reçu un bon de sortie pour commenter des matches de Ligue 2. Recrutée pour présenter une chronique légère le dimanche, Jenny Demay a, elle, profité de l'occasion pour couvrir ses premiers matches en bord de terrain. « Ça s'est super bien passé. On prend ce qu'il y a à prendre », philosophe la jeune journaliste (29 ans). « Juste après l'annonce (de la fermeture), ça a été compliqué, confie un collègue sous couvert d'anonymat. Quand tu dois commenter un match sans aucun intérêt et que tu viens de te prendre ça dans la tronche, j'avoue que c'est compliqué d'envoyer. Mais là, tant qu'on a le droit d'aller au stade pour voir des matches et les commenter, on a juste envie d'en profiter. »

Le 5 janvier, les abonnés Téléfoot ont reçu un mail les informant que la chaîne « continuera à diffuser le Championnat de France de football de Ligue 1 et de Ligue 2 jusqu'au 20 janvier 2021 inclus a minima. » Le directeur éditorial de la chaîne lui-même assure qu'il ne sait pas jusqu'à quand s'étendra ce « minima » : « Personne n'est capable de me donner la date. Cela ne se prépare pas, ce n'est pas un film ou une série, on est dans la vraie vie là. On fait le boulot et à un moment, cela se terminera. Bien malin celui qui peut dire, quand, et comment ça s'arrêtera... »

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Les propositions chocs de Maxime Saada (Canal+) pour les droits télé de la Ligue 1

Maxime Saada, le président du directoire de Canal +, annonce ce mardi au Figaro qu'il va rendre les deux matches de L1 diffusés actuellement par sa chaîne. Il souhaite un nouvel appel d'offres. Et propose un système de pay per view en attendant.

12 janvier 2021 à 20h38
 
 

Le monde du football français attendait avec impatience de voir Canal+ se présenter rapidement comme le sauveur de la Ligue 1 en acceptant de reprendre tout ou partie (avec beIN Sports) de la diffusion du championnat de France. Il n'en est rien. Dans une interview au Figaro, ce mardi, Maxime Saada, le président de Canal + a annoncé qu'il allait restituer, à compter du 5 février prochain, à la Ligue de football professionnel (LFP), les deux matches de Ligue 1 du samedi (21 heures) et du dimanche (17 heures) que beIN Sports lui avait sous-licencié depuis le début de la saison pour un montant de 330 M€ annuels.

Il souhaite en effet désormais qu'un nouvel appel d'offres ait lieu pour les droits de la Ligue 1 (l'actuel couvre la période 2020-2024). « Nous sommes finalement arrivés à la conclusion côté Canal+ qu'il était dans l'intérêt pour toutes les parties prenantes de passer par un appel d'offres, explique-t-il au Figaro. Nous avons donc adressé un courrier à la LFP pour lui indiquer la restitution du lot 3 que beIN Sports nous a sous-licencié. [...] Nous conserverons notre lot jusqu'au 5 février puisque nous avons payé jusqu'à cette date. »

« Nous n'avons pas été traités correctement ces dernières années »

Maxime Saada, président du directoire de Canal+

 
 
 

Alors qu'avait été évoquée une possibilité d'accord de gré à gré avec la Ligue pour la reprise des lots de Mediapro (8 matches de Ligue 1 par journée et huit de Ligue 2), Maxime Saada détaille les raisons de ne pas employer cette procédure. D'abord et avant tout pour une question de « perte de confiance entre Canal+ et les responsables du football français. Nous n'avons pas été traités correctement ces dernières années. Nous n'oublions ni le report des matchs par la LFP sans concertation lors du mouvement « gilets jaunes », ni l'argent supplémentaire demandé pour décaler le coup d'envoi du match du dimanche soir de 15 minutes, et encore moins les réjouissances de nombreux présidents lorsque Canal+ est rentré bredouille de l'appel d'offres de 2018. Je précise que Vincent Labrune n'y est pour rien. Il est d'ailleurs probablement l'un des seuls à pouvoir restaurer la confiance. »

Des arguments juridiques et économiques

Il évoque aussi un argument juridique. « Tout accord de gré à gré serait juridiquement contestable d'un point de vue concurrentiel car il serait contraire au code du sport. Il ne peut y avoir de gré à gré qu'en cas d'appel d'offres infructueux. Or il n'y en a pas eu. »

Maxime Saada revient également sur l'aspect purement économique. « Nous pensons que la Ligue 1 est subventionnée depuis de nombreuses années. Aucun diffuseur n'a réussi à la rentabiliser. Elle est même doublement subventionnée puisqu'un club comme le PSG, qui représente incontestablement une partie substantielle de la valeur intrinsèque de la Ligue 1, investit à perte. »

Il estime également « que le produit L1 a été dégradé dans l'absolu. La diffusion sur Téléfoot a fortement réduit l'exposition de la compétition. [...] Par ailleurs, l'arrivée de Mediapro a contribué à la croissance exponentielle du piratage. » Et d'ajouter : « la valeur de la Ligue 1 a également baissé pour Canal+. Suite à l'appel d'offres de mai 2018, nous nous sommes adaptés. » Il fait ainsi référence à la modification de la grille de programmes avec le Top 14 notamment le dimanche soir, le Moto GP, mais aussi ses accords de distribution exclusive avec beIN Sports et Disney +, et le retour de la Ligue des champions sur ses antennes à la rentrée prochaine.

« Il est souhaitable que les clubs se posent la question de l'attractivité de leur produit et acceptent de se réformer »

Maxime Saada

 
 
 

Le patron de Canal+ lance enfin une dernière attaque. « Il y a un problème structurel d'attractivité pour la Ligue 1. » S'il précise que le Trophée des champions PSG - OM, que Canal diffuse mercredi soir, « est le type de match qui attire nos abonnés [...] malheureusement, on ne peut pas en dire autant de toutes les affiches. Bien sûr, on ne peut pas avoir que des clasicos à l'antenne. Ce ne serait même pas souhaitable. Mais le football français peut-il encore supporter un système à plus de 40 clubs professionnels, dont 20 en Ligue 1 ? [...] Il est souhaitable que les clubs se posent la question de l'attractivité de leur produit et acceptent de se réformer. Le monde du rugby l'a compris en créant le Top 14, un championnat homogène et attractif. »

Un pay per view ouvert à tous en attendant ?

Maxime Saada assure également assumer, dans le cadre d'un nouvel appel d'offres, « prendre le risque de se retrouver face à un concurrent prêt à surpayer ces droits. » Dans l'attente du résultat de cet appel d'offres (dont il faudra d'abord déterminer les règles avant de les envoyer à tous les diffuseurs potentiels et de recevoir leurs propositions), et afin d'éviter que la diffusion gratuite des matches sur Téléfoot ne s'éternise (Téléfoot a en effet annoncé à ses abonnés qu'elle diffuserait les matches a minima jusqu'au 20 janvier), le président de Canal+ souhaite proposer à la LFP une « solution technique universelle qui permettra à tous les Français, abonnés ou non à Canal+, pour suivre les matches en pay per view (paiement au match). Bien sûr, Canal+ reverserait l'essentiel des recettes à la LFP, et donc aux clubs. »

Cela est en effet possible via la plateforme My Canal. Même les non-abonnés à Canal pourraient en effet y accéder gratuitement avec un accès limité. Ils pourraient ensuite acheter les matches de leur choix. Et Canal bénéficierait en retour d'un trafic plus important sur sa plateforme avec la possibilité d'attirer de potentiels nouveaux abonnés vers ses différentes offres.

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Le championnat devrait être complètement bouleversé cette saison, heureusement qu'on a eu cette vente de Grbic qui n'a pas été réinvesti, il risque de servir, on va voir disparaître des clubs aux fonds propres limités, on va surement repartir sur des bases plus saines,

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Ligue 1 : le pay per view, une solution crédible ?

Mis en avant par Maxime Saada comme solution temporaire à la crise des droits de la Ligue 1, le système de paiement à la séance pour les retransmissions sportives existe depuis plus de 60 ans. Avec plus ou moins de réussite.

V. H.mis à jour le 13 janvier 2021 à 18h43
 
 

Mardi dans le Figaro, le président de Canal + Maxime Saada a évoqué la possibilité de recourir au pay per view (PPV) au cas où Téléfoot cesserait de diffuser la Ligue 1 sans qu'un nouveau diffuseur n'ait encore repris les droits du Championnat. Le patron de la chaîne cryptée évoquait une « solution technique universelle qui permettra à tous les Français, abonnés ou non à Canal +, de suivre les matches en pay per view (paiement au match) ». Ce modèle de diffusion n'est pas nouveau, loin de là. Utilisé aux États-Unis depuis 60 ans, notamment pour la boxe, il essaie depuis de s'acclimater en Europe. Pas toujours avec succès.

 
 

Le modèle américain

Dans les années 50, les plus grands combats de boxe sont diffusés en direct aux États-Unis... dans les salles de cinéma. Avec le développement de la télévision par câble, certains cherchent à introduire le système de paiement à la séance directement dans chaque foyer, via le poste de télévision. Premier événement retransmis de cette manière en direct à la télé : le combat de boxe entre le lourd américain Floyd Patterson et le Suédois Ingemar Johansson, le 20 juin 1960. Également suivie au cinéma et à la radio, la victoire de Patterson est regardée par près de 25 000 téléspectateurs américains, qui ont payé chacun 2 dollars.

4,6 millions de souscripteurs pour Mayweather - Pacquiao

Le pay per view connaît un grand essor dans les années 70. Le 1er octobre 1975, près de 500 000 téléspectateurs américains s'offrent le mythique championnat du monde des lourds Muhammad Ali-Joe Frazier, disputé aux Philippines et diffusé sur le câble en pay per view par HBO. Un record à l'époque. Aujourd'hui encore, le PPV est une des bases de la retransmission, et du financement, des combats de boxe aux USA. Celui qui a suscité le plus d'achats est le championnat du monde des welters entre Floyd Mayweather et Manny Pacquiao, le 2 mai 2015 : 4,6 millions de souscripteurs, qui ont payé jusqu'à 99,95 dollars (82 euros) pour voir Mayweather s'imposer à l'unanimité des juges. Sur ce combat, les revenus générés par le pay per view atteignent un total de 437 millions de dollars (360 millions d'euros) !

La première expérience française

Canal + expérimente, déjà, le système de paiement à la séance pour les matches de Division 1, l'ancêtre de la Ligue 1, à partir de 1996. Le 3 septembre 1996, lors de la 5e journée du Championnat, les abonnés de Canal Satellite, le bouquet lancé quelques mois plus tôt, peuvent acheter le match de leur choix 50 francs (7,62 €) ou toute la soirée pour 75 francs (11,43 €). Les profits sont alors partagés entre Canal et la Ligue. Au bout de quatre ans, les résultats ne sont pas probants. « Pay per view, décollage délicat » titre ainsi L'Équipe le 25 mai 2000.

À l'époque, six rencontres de D1 et une de D2 sont proposées par Canal et son concurrent TPS, et rassemblent au total 160 000 téléspectateurs en moyenne, pour 2,5 millions de téléspectateurs en mesure d'accéder au paiement à la séance. Pas rentable pour les opérateurs qui versent chacun, 130 millions de francs (20 M€) à la Ligue en minimum garanti par saison. Canal persévérera pourtant jusqu'en 2008. En 2006, les tarifs sont ainsi de 10 € par match et 12 € la soirée complète pour un lot de 7 matches en PPV que Canal + s'est offert pour 110 M€ (période 2005-2008). La chaîne cryptée teste aussi le modèle en F1 puis en rugby. Mais en février 2008, le nouvel appel d'offres de la L1, qui couvre les saisons de 2008 à 2012, ne comporte plus de lot avec paiement à la séance.

Le récent refus anglais

En octobre dernier, alors que les spectateurs ne peuvent aller au stade en raison de la crise sanitaire, la Premier League se met d'accord avec ses diffuseurs, Sky Sports et BT Sport : les cinq matches par journée non diffusés habituellement en Angleterre le seront désormais via un système de paiement à la séance. Prix annoncé : 16,50 € par match, en utilisant les plateformes de BT Sport et de Sky Sports. Tollé des supporters et de certains grands noms comme Gary Neville, pourtant consultant sur Sky. Un mois plus tard, la Premier League recule. Oublié le pay per view, les matches seront finalement diffusés sur Sky Sports, BT Sports, Amazon ou même sur la BBC, gratuitement dans ce cas, au moins tant que le public ne pourra pas revenir complètement dans les enceintes.

Et le récent choix allemand

Les Allemands, eux, ont adopté le pay per view. Pas pour la Bundesliga mais pour leur deuxième division. Le diffuseur, Sky Sports, se sert de la plateforme OneFootball (qui diffuse en France gratuitement la Coupe d'Allemagne) pour proposer ce championnat depuis 2019, ainsi que la Coupe d'Allemagne. Coût par match ? 3,99 €. L'objectif est d'aller chercher une audience plus jeune. « Le jeune public ne peut et ne veut plus payer les abonnements onéreux, déclarait dans le magazine L'Équipe, Lucas von Cranach, le patron de OneFootball. Il recherche des offres flexibles et à des prix raisonnables. Je ne pense pas que nous puissions changer le comportement de consommation de la nouvelle génération. Nous devons nous adapter à ses besoins. »

L'offre à la journée de Téléfoot
Depuis l'arrêt annoncé de la chaîne, Téléfoot a changé son offre et propose aux téléspectateurs des offres pour la journée (3,90 €), pour trois jours (6,90 €) ou pour une semaine (9,90 €).

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Droits télé : quelles conséquences après les décisions de Maxime Saada ?

Devant la volonté du président de Canal +, Maxime Saada, de rendre son lot de deux matches de Ligue 1 à la Ligue et de lancer un nouvel appel d'offres, des questions se posent.

mis à jour le 13 janvier 2021 à 19h00
 
 

Maxime Saada, le président de Canal +, a annoncé mardi dans un entretien au Figaro qu'il allait rendre, début février, à la Ligue les droits des deux matchs de Ligue 1 qu'il diffusait. Il demande aussi un nouvel appel d'offres pour les droits du Championnat de France. Mais tout n'est pas si simple...

 
 

Où en était-on avant l'annonce de Maxime Saada ?

Le 22 décembre dernier, un accord de sortie de Mediapro avait été validé par le tribunal de commerce de Nanterre. Le groupe sino-espagnol, qui détenait jusque-là les droits des lots 1, 2 et 4 de Ligue 1, plus huit matches de Ligue 2 jusqu'en 2024, mais qui n'avait pas honoré les échéances d'octobre et de décembre, s'était alors engagé à verser 100 M€ à la Ligue pour ne pas être poursuivi par la justice. Et à retransmettre jusqu'au 31 janvier 2021, en cas de besoin, les matches dans l'attente d'un nouveau diffuseur.

Canal restait évidemment détenteur du lot 3 (deux matches de Ligue 1 par journée, le samedi à 21 heures et le dimanche à 17 heures) que beIN Sports, qui l'avait acheté pour un montant de 330 M€ par saison, lui avait sous-licencié, en décembre 2019.
 

Juste avant les fêtes, il semblait acquis que Canal + deviendrait à terme le nouveau diffuseur de la Ligue 1. Une offre globale, émise oralement mais pas par écrit par la chaîne cryptée, circulait : 590 M€ par saison jusqu'en 2024 plus 100 M€ de bonus éventuels. Avec également une avance de 200 M€ consentie par le groupe Canal à la LFP pour la saison en cours, afin de faire face aux difficultés financières des clubs en raison de la crise sanitaire.

Cette somme aurait été ensuite déduite des versements prévus lors de trois saisons suivantes. Depuis, rien n'avait filtré des discussions entre la LFP et le groupe Canal, si ce n'est un accord de retransmission du Trophée des champions, PSG-OM, ce mercredi soir sur Canal +, en codiffusion avec la chaîne Téléfoot.

À qui Canal + restitue réellement son lot de deux matches par journée ?

Maxime Saada, dans son interview au Figaro, a déclaré avoir « adressé un courrier à la LFP pour lui indiquer la restitution du lot 3 que beIN Sports nous a sous-licencié. [...] Nous conserverons notre lot jusqu'au 5 février puisque nous avons payé jusqu'à cette date », explique le patron de Canal. Dans les faits, il ne le rend néanmoins pas à la LFP. Depuis le début de la saison, il verse à beIN Sports la somme dévolue à chaque échéance et la chaîne franco-qatarienne la transmet à son tour à la Ligue.

beIN peut-elle désormais retransmettre ces matches dont elle détient légalement les droits ? Elle le pourrait d'autant qu'elle a aussi pour président Nasser al Khelaïfi, le patron du PSG, qui souffre économiquement de la crise sanitaire et qui a besoin de ses droits télé. Mais il faut rappeler que beIN Sports et Canal + sont liés économiquement. Canal propose en effet dans ses offres l'ensemble des chaînes de beIN et leurs contenus. Et, depuis le 1er juin dernier, le groupe Canal en est aussi le distributeur exclusif sur toutes les plateformes et auprès de l'ensemble des opérateurs tiers en France.

Une offre de gré à gré est-elle légale ?

Le gré à gré, qu'on pensait être la solution retenue pour la reprise des lots de Mediapro par un diffuseur et qui évitait un nouvel appel d'offres n'est, selon Maxime Saada, pas possible juridiquement « d'un point de vue concurrentiel car contraire au code du sport. Celui-ci spécifie qu'il ne peut y avoir de gré à gré qu'en cas d'appel d'offres infructueux, poursuit-il. Or il n'y en a pas eu. Même si nous parvenions à un accord, celui-ci serait dès lors contestable. »

Mais le flou persiste. Certains estiment qu'en fait, le mécanisme d'attribution des lots, en mai 2018, lors du dernier appel d'offres, lie réellement les lots. Ils ont été proposés le même jour, dans le cadre de la même mise aux enchères. Tout le monde devait y répondre en même temps, lot après lot. Donc si on veut en remettre certains en jeu, on doit en fait tous les remettre, d'où la nécessité d'un nouvel appel d'offres. La Ligue semblait, elle, jusqu'ici, avancer le caractère inédit de la situation avec la défaillance majeure de Mediapro à laquelle il fallait remédier rapidement, donc sans passer par un nouvel appel d'offres.

Combien de temps prend un appel d'offres ?

Depuis le lancement du premier appel d'offres pour les droits de la Ligue 1, en 1999, une seule certitude : cela ne se fait pas en un jour. La Ligue, qui a travaillé sur le dernier avec le cabinet Clifford Chance, doit mettre en place un processus de découpage (le même que le précédent ?) et d'attribution des lots, adressé ensuite aux diffuseurs.

En 2018, ceux-ci avaient eu un mois avant de présenter leurs offres, le temps d'étudier les propositions. S'il n'existe pas de délai légal, on parle en effet de délai raisonnable pour que chaque candidat puisse présenter une offre dans les mêmes conditions.

En 2018, Didier Quillot, l'ancien DG de la LFP, avait expliqué qu'il avait cherché à « élaborer l'accord de la manière la plus complexe possible pour créer la plus grande émulation entre les enchérisseurs. On voulait le rendre anxiogène pour inciter les participants à payer le plus possible. »Mais aussi les rassurer en leur offrant la possibilité de sous-licencier (revendre après coup) un lot de matches acheté. Une façon aussi de faire venir les grandes agences de droits sportifs. C'est ainsi que Mediapro était arrivé, pour le résultat que l'on sait...

Canal + cherche-t-il à faire baisser sa note ?

Évidemment oui. Canal + qui, devenu un agrégateur de contenus, et fort de tous ses accords passés notamment avec Disney et Netflix, n'a peut-être plus autant besoin qu'avant du football. Et qui, surtout, ne veut plus payer 330 M€ pour deux matches de Ligue 1. Une somme, selon Maxime Saada, « surévaluée du fait du comportement irrationnel de Mediapro durant l'appel d'offres ». Et il ne veut pas non plus dépenser des sommes folles pour obtenir les droits des autres matchs.

Saada estimait, il y a deux ans, que la Ligue 1 valait 650 M€. Depuis, comme il l'a rappelé dans son interview au Figaro, la valeur du championnat s'est, selon lui, fortement dégradée. Et sa prise de risque en demandant un nouvel appel d'offres est limitée. Depuis 2018, le marché a considérablement évolué et n'est plus aussi concurrentiel.

Mediapro ne fait plus partie du paysage. Le groupe Canal est lié par un accord commercial avec beIN Sports. Le groupe Altice, propriétaire de RMC Sport, avec qui il codiffuse la Premier League en attendant peut-être celle des deux affiches de la Ligue des champions la saison prochaine (les discussions sont engagées), ne fait plus du sport un véritable objectif. Et si certains espèrent une arrivée des GAFA, elle semble improbable en l'état actuel, l'attribution des droits dans les autres championnats européens en étant la preuve. Amazon, qui a le vent en poupe avec la pandémie, cible par exemple expressément ses achats (20 matchs en Premier League, des affiches en Ligue des champions en Allemagne ou en Italie) et ne cherche pas à rafler une compétition dans son ensemble. Du coup, Canal peut considérer avoir le champ libre.

Le pay per view est-il une solution ?

Proposé pour éviter l'écran noir en attendant le nouvel appel d'offres et pour empêcher que la chaîne Téléfoot ne continue de diffuser gratuitement 80 % du Championnat de France (huit matches de la 23e journée le 3 février sont d'ailleurs toujours programmés sur son antenne), il est simple à mettre en place via la plateforme Mycanal, à laquelle même les non abonnés à Canal + pourront avoir accès. Mais certains y voient déjà un aspect très pervers pour les clubs.
Serait en effet ainsi mesurée, indirectement, la valeur réelle des matches via le trafic occasionné par les téléspectateurs à chaque rencontre. De quoi, à terme, revoir la valeur du Championnat de France à la baisse. Mais la Ligue aura-t-elle une autre opportunité ? On l'imagine mal trouver l'argent nécessaire pour créer sa propre chaîne même via une plateforme et dans un délai très court. D'autant qu'en faisant ce choix, elle devrait par la même occasion se passer des recettes issues des droits télé.

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